En 2021, après le décès tragique du Maréchal Idriss Déby Itno, le pouvoir de transition d’alors, dirigé par le général Mahamat Idriss Deby Itno – devenu maréchal –, a engagé un processus de réconciliation nationale. Le point de départ était donc de convaincre tous les chefs des groupes militaires de ranger leurs armes et de retourner au pays pour une construction inclusive. C’est ainsi qu’un comité de négociation avait été mis en place et un dialogue avec les politico-militaires avait eu lieu à Doha au Qatar sous l’égide du Qatar.
Le 8 août 2022, un accord de paix a été signé entre le gouvernement de transition et une trentaine de mouvements politico-militaires après cinq mois de pourparlers.
L’accord prévoit plusieurs engagements dans la mise en route d’un programme de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) convenue par les deux parties. Après quatre ans, la mise en œuvre du DDR peine toujours à être effective.
Le vice-premier ministre, chargé de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, Limane Mahamat, invité sur la télévision nationale tchadienne, a déclaré que « le processus du DDR est un processus qui est assez délicat à mener » malgré la mise en place d’un mécanisme de dialogue, de coordination, de concertation et de suivi de la mise en œuvre, principal instrument qui doit juger de la mise en œuvre, lever des obstacles et essayer de conduire pleinement ce processus.
Pour Limane Mahamat, le dénombrement dans les camps de ces groupes armés répartis entre la Libye, le Soudan et la République centrafricaine n’a pu être fait contrairement aux engagements pris par les politico-militaires d’opérer par eux-mêmes ce dénombrement avec l’appui des pays qui les hébergeaient et sous l’autorité du comité de suivi de la mise en œuvre de l’accord de paix de Doha. « Ils n’avaient pas pu dénombrer leurs hommes et leurs armements pour permettre au comité national de mise en œuvre du DDR d’organiser leur retour au pays », déplore le vice-premier ministre.
Pour lui, si le DDR a pris un coup, ce n’est pas du fait de l’État tchadien ni de celui des États voisins qui étaient eux aussi entrés dans des difficultés internes à eux-mêmes de pouvoir aider à ce que le dispositif qui a été donc mis en place à la suite de l’accord de Doha se déroule convenablement.
Le vice-premier ministre n’a pas perdu de vue les difficultés liées à la mobilisation des ressources nécessaires pour permettre la mise en œuvre du DDR. L’État tchadien ne parvient pas à engager les ressources nécessaires à cette fin et la mobilisation des partenaires reste relativement faible. « La feuille de route qui a été élaborée par le gouvernement est une feuille de route assez contraignante », reconnait-il.
Limane Mahamat assure qu’il n’y a absolument pas « une marginalisation ». « Depuis le dialogue national inclusif, un bon nombre donc de signataires participent à la vie publique, notamment à travers leur insertion d’abord dans les instances de transition », se réjouit-il. Sur 20 politico-militaires signataires de l’accord de Doha, 20 sont transformés en partis politiques. « Tout le monde ne peut pas être satisfait, mais il n’y a pas une volonté manifeste de pouvoir exclure ceux de nos compatriotes qui ont choisi d’adhérer à des mouvements politico-militaires et qui ont signé l’accord de Doha de la gestion publique. » a déclaré Limane Mahamat.
Il est de la responsabilité du gouvernement de pouvoir entreprendre tous les efforts afin de pouvoir mettre réellement en marche le processus DDR. « Ce processus qui doit être la voie du salut », permettant de résorber ce qui peut être perçu comme une allégation d’exclusion de la gestion des anciens signataires de l’accord de paix de Doha.
Par Nathaniel MOUNONE

