La rétrocession de la base Sergent Adji Kosseï de N’Djamena vient boucler définitivement la présence française au Tchad, conformément à la volonté des hautes autorités. Une cérémonie marquant ce retrait a été organisée ce 31 janvier 2025, telle que prévue par le gouvernement du Tchad, sous l’égide du président de la République, le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, chef suprême des Armées. Un grand événement symbolique pour le Tchad qui héberge les soldats français sur son sol depuis plus d’un siècle. Cette rupture symbolise encore plus la volonté du pays de renforcer sa souveraineté.
Le président de la République, auteur de cette décision depuis le 28 novembre 2024, a, à l’occasion de cette cérémonie, mis au premier plan l’importance de l’indépendance nationale et a rendu hommage aux forces de défense et de sécurité qui œuvrent sans relâche pour la protection du territoire. « Aujourd’hui, nous célébrons non seulement un acte symbolique, mais aussi une étape cruciale dans notre quête d’une souveraineté durable », a déclaré le Chef de l’État. Il a insisté sur la nécessité de bâtir une armée solide capable de faire face aux défis contemporains, tout en préservant les valeurs fondamentales du pays.
L’affirmation d’une souveraineté
Depuis la dénonciation de ces accords militaires avec Paris, les autorités du Tchad ont maintenu le même narratif, celui de l’importance des alliances basées sur le respect mutuel. Ce qui, selon le chef de la diplomatie tchadienne Abderaman Koulamallah, constitue le soubassement même de cette décision « historique ». Le Tchad veut dorénavant dialoguer d’égal à égal avec ses partenaires internationaux. « La souveraineté n’est pas un acquis, mais une conquête », a ajouté le chef de l’État, en appelant à une prise de conscience collective sur la nécessité d’affirmer les intérêts nationaux dans un contexte mondial complexe. Dans les différentes sorties, N’Djaména affirme ne pas vouloir remplacer la France par une autre puissance, du point de vue militaire. Le Tchad s’inscrit dans la même logique que les États de l’alliance des États du Sahel (AES) en insistant sur le renforcement des compétences de son armée et son équipement en moyens techniques de pointe. « Nous devons construire une armée encore plus forte, mieux équipée et capable de répondre aux menaces sécuritaires permanentes de notre temps, avec pleine efficacité et indépendance », a insisté le président de la République.
Au centre de cette décision qui, dans certains États, a frisé un sentiment anti-français radical, Mahamat Idriss Deby Itno a constitué son argument « d’après-France » sur l’engagement des jeunes Tchadiens pour la construction d’un avenir meilleur. Une cible autour de laquelle tourne parfois la stratégie revancharde de la France partout où elle a été chassée, réseaux sociaux aidant. Dans le même sillage, il n’a pas perdu de vue les fissures politiques intérieures, véritables pistes de déstabilisation des évangélistes impérialistes. C’est pourquoi le président Idriss Deby a rappelé que les différences politiques ne doivent pas diviser, mais plutôt renforcer l’unité autour des valeurs nationales. « Chacun de nous a un rôle à jouer dans cette noble tâche », a-t-il affirmé.

