N’Djamena, la capitale du Tchad, est devenue depuis quelques mois un nid d’insécurité. Il ne se passe plus une semaine sans qu’un cas d’assassinat soit enregistré dans la ville. La psychose est palpable.
Le phénomène anime les débats aussi bien sur les réseaux sociaux que dans les espaces publics. Dans les quartiers populaires, mais aussi dans les périphériques, il est difficile de circuler librement, sans inquiétude, peu importe les heures. Le dernier cas en date – et le plus cruel – est l’assassinat d’une femme, la cinquantaine révolue, dans sa propre chambre dans la nuit du 31 janvier dernier au quartier Gassi dans le 7ᵉ arrondissement de N’Djamena.
Ces criminels en nombre ôtent la vie aux paisibles citoyens, soit pour arracher leurs objets, soit – ce qui est encore plus difficile à concevoir – pour rien.
Pendant que les opérations de ces malfrats se déroulent, des fouilles systématiques sont organisées dans les grands axes de la ville et sur les différents rond-points. Une stratégie à saluer parce que ces policiers parviennent à arracher parfois des armes et à démarquer les autres malfrats bien habillés. Elles remettent les citoyens en confiance pendant certaines heures, surtout que ces forces de sécurité sont bien éduquées à leur travail, contrairement à certains qui déguisent l’opération en une occasion d’arnaque et d’intimidation, il y a un peu plus que quelques années seulement.
Aussi, le dynamisme des services de renseignements dans les enquêtes qui concourent à démasquer ces brigands est à saluer. Ils réussissent, en collaboration avec la justice, à conduire professionnellement et parfois promptement les enquêtes. Ce qui était parfois impossible. La police nationale a assuré renforcer son système d’information et de communication plus rapide et plus proche, à travers notamment les réseaux sociaux. Mieux, cela permet de découvrir les visages de ces criminels et rassure une fois de plus les citoyens.
Cependant, la montée en puissance de ces cas d’insécurité mérite que d’autres actions supplémentaires soient prises par le ministère de la Sécurité publique. Le déploiement partiel des agents de sécurité dans la ville ne suffit plus. Il convient d’intensifier les patrouilles dans tous les quartiers, les rues, les ruelles, etc. de manière à pouvoir, de temps en temps, perturber ces bandits. Ce, en renforçant également le système d’alerte.
Les citoyens doivent aussi renforcer leur vigilance et leur solidarité. Ils doivent éviter des promenades nocturnes non essentielles et cultiver l’entraide et la solidarité.

