Le niveau de débat était acceptable. Le bon sens a dominé la salle de l’hémicycle ce 26 février 2025 alors que le Premier ministre, Allah Maye Halina, venait de finir la présentation de son programme politique II, avec 29 pages, mise en forme normale. Un exercice fastidieux qu’il a réussi, encore une fois. Mais il n’y a pas que le seul qui a fait la journée des députés et d’autres spectateurs. Le président de l’Assemblée nationale, Ali Kolotou Tchaïmi, a, lui aussi, été au-dessus de la mêlée.
Entre rigueur et flexibilité sous le contrôle strict de la philosophie parlementaire et donc de ses textes aussi, Ali Kolotou Tchaïmi a dirigé la séance à la Kabadi. Si bien que l’exercice ne lui était pas nouveau, mais les exigences de la nouvelle casquette, avec des députés pour la plupart bleus, lui imposaient autorité et finesse.
De l’introduction du Premier ministre en passant par les questions des députés puis sa conclusion, le président de l’Assemblée nationale arrachait la parole quand il le fallait et rappelait ses prérogatives quand celles-ci étaient mordues et empiétées. Toute cette intransigeance et rudesse, sans pourtant égratigner la souveraineté du Parlement. « Ici, à l’Assemblée nationale, c’est la démocratie », rappelait-il sans relâche.
En ce qui concerne la bonté et l’indulgence, Ali Kolotou Tchaïmi avait fait preuve d’une grande diplomatie, question de décomplexer ses collègues ainsi que les membres du gouvernement qui étaient tous anéantis et crevés devant un programme politique dont ils sont exécutants. Les taquineries de Kolotou Tchaïmi alternaient commodément avec les égarements de certains de ses collègues députés, pieds à moitié à l’étrier.
Ali Kolotou Tchaïmi et Dr Houdeingar David Ngarimaden forment ainsi donc un véritable duo susceptible de pouvoir animer sans antipathie la 4ᵉ législature durant les cinq années. La pertinence des lois qu’ils auront à examiner ainsi que les sujets sur lesquels ils interrogeront les membres du gouvernement restent un autre débat.

