1 060 tonnes de charbon écologique ne suffisent pas…

La lutte contre le changement est au cœur des programmes et politiques des gouvernements fortement exposés à cette métamorphose d’ordre naturel, mais parfois aux causes humaines. Le gouvernement de la République du Tchad, à travers le ministère de l’Environnement, de la Pêche et du Développement durable, a, dans cette logique qui vise à sauver des vies et la planète, interdit la commercialisation de charbon de bois et de bois verts.

Cette mesure d’intérêt suprême peine à se mettre en œuvre en raison des insuffisances stratégiques qui l’accompagnent, notamment le déploiement des mesures alternatives.

Ce 12 mars, le ministre de l’Environnement, de la Pêche et du Développement durable, Hassan Bakhit Djamous, a présidé le lancement de la distribution du charbon écologique et du gaz butane au profit des réfugiés et de la communauté hôte dans la province du Wadi-Fira. Selon le ministère, ce projet entre dans le cadre du plan de riposte environnemental mis en place à travers le Programme d’appui au développement et d’adaptation aux changements climatiques (ALBIA), financé par la Banque mondiale.

Lire aussi : Reportage | Awine Gassar, un village où les arbres ne meurent plus

En tout, ce sont 1 060 tonnes de charbon écologique accompagnées de 4 600 foyers améliorés et de 10 000 bouteilles de gaz butane de 6 kg qui seront distribuées aux réfugiés et à la population de la province de Wadi-Fira.

Distribuer seulement quelques tonnes de charbon et de foyers améliorés pour lutter contre le changement climatique est insignifiant. La population tchadienne est à majorité paysanne, dépourvue des moyens de s’offrir une bouteille de gaz et de la recharger. La Banque mondiale, si elle était encore sérieuse, devrait plutôt financer la formation des ménagères sur la fabrication de ce charbon pour un impact durable. Que feront ces ménages jugés pilotes si ces tonnes de charbon sont épuisées ?

Il importe, dans cette lutte contre le dérèglement climatique, d’éviter des investissements à faibles impacts environnementaux. Il faut s’imposer des mesures concrètes, écologiquement durables. En travaillant de concert avec les communautés locales et en misant sur des solutions durables, le Tchad pourra réellement faire la différence dans la lutte contre le changement climatique.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *