La Turquie, l’Inde et le Portugal dans le viseur économique du Tchad

Le Tchad veut s’inscrire dans le rang des géants commerciaux africains, un bon élève de la zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) dont il a signé l’accord depuis 2018. Une telle ambition nécessite des stratégies élargies, en particulier avec des partenaires sérieux et engagés.

Lors d’une réunion de travail tenue ce 13 mars 2025 autour du premier ministre, Allah Maye Halina, consacrée au suivi et à l’évaluation du secteur commerce et industrie contenu dans les 12 chantiers et 100 actions du Président de la République, Chef de l’État, Mahamat Idriss Déby Itno, un autre ton a été donné au secteur du commerce : la diversification des partenariats. « Le ministère du Commerce et de l’Industrie est la porte d’entrée des investisseurs étrangers », a annoncé le ministre du Commerce et de l’Industrie, Guibolo Fanga Mathieu. Il a cité des pays comme l’Inde, la Turquie et le Portugal afin d’accompagner le pays sur la voie du développement.

La Turquie : preuve du sérieux

La Turquie se veut être un acteur important dans les économies africaines en nouant des relations diplomatiques profondes et durables fondées sur des bases solides et un respect mutuel dans tous les domaines. Ses méthodes d’investissement en Afrique sont basées sur le principe du gagnant-gagnant dans un esprit d’unité. Ils interviennent dans plusieurs volets, notamment sociaux, au Tchad sans une immixtion tendancieuse dans les affaires politiques internes comme l’ont fait d’autres vrais faux amis du Tchad.

Le volume d’échanges commerciaux entre la Turquie et l’Afrique est passé en 20 ans de 5,4 milliards de dollars à 25,3 milliards en 2020, selon le site aa.com.tr. Les entreprises turques sont, de fait, dans une démarche de conquête des marchés africains, quel qu’en soit le secteur. De par les partenariats politiques et économiques établis par Ankara avec la plupart des pays du continent africain, les entreprises turques bénéficient d’une aura positive qui leur permet d’investir massivement le marché africain. Les entreprises turques font feu de tout bois, mais le secteur de la construction apparaît pour le moment comme le fer de lance de la présence économique turque.

La Turquie est également présente dans le domaine énergétique à travers l’entreprise Karpowership qui assure ainsi 15 % des besoins électriques du Sénégal, 60 % de ceux de la Gambie, 80 % de ceux du Sierra Leone ou encore 100 % de ceux de la Guinée-Bissau, et compte également comme clients africains le Ghana, la Côte d’Ivoire, le Soudan, le Gabon et le Mozambique.

L’Inde en mode sous-marin

L’Inde est également le deuxième créancier en Afrique, avec des partenariats public-privé solides et des garanties protégeant les débiteurs contre le surendettement. En fait, la majeure partie de l’aide indienne est acheminée par l’intermédiaire de la Banque africaine de développement (BAD), à laquelle New Delhi a adhéré en 1983. Les investissements totaux de l’Inde en Afrique s’élèvent à 70 milliards de dollars, un chiffre que la puissante Confédération de l’industrie indienne souhaite porter à 150 milliards de dollars d’ici à 2030.

La priorisation de l’Afrique dans les investissements indiens est l’une des raisons pour lesquelles l’Inde a toujours été perçue comme un allié de confiance en Afrique. L’Inde jouit du statut d’observateur au sein du Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA), de la Communauté de développement de l’Afrique australe (CDAA) et de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

Le Tchad, en s’ouvrant à ce pays riche en compétences, pourrait relancer autrement son économie et moderniser son système de commerce ruiné par un manque de vision et d’ouverture.

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