Le maréchal Mahamat Idriss Deby Itno lance une énième guerre contre la corruption

Il y a des maux parfois têtus, parfois durs à combattre, même pas par la puissance des mots. Ils rongent les administrations tchadiennes et mettent parfois à mal, même la cohésion sociale. La corruption en fait partie intégrante. Elle a infiltré tout le système de gouvernance et freine le développement socioéconomique. La corruption sape surtout l’égalité des chances.

Le pot-de-vin, les appels incessants pour décrocher un contrat, les recrutements sur fond de clan, d’ethnie, de région et de religion, etc. en constituent les caractéristiques. Si elle n’est pas institutionnalisée, elle est tout au moins propagée comme si le ministère de la Moralisation, la défunte Inspection générale d’État (IGE) et, actuellement, l’Autorité indépendante de lutte contre la corruption (AILC) ne sont que les fruits de la corruption ou le nid des corrupteurs et des corrompus. Dans la pratique, rien n’a bougé.

Le président de la République, maréchal Mahamat Idriss Deby Itno, n’a pourtant jamais cessé d’appeler à la fin de la récréation. Dans sa réponse aux vœux des olémas à l’occasion de la fête de Aid El Fitr, il a réitéré son ferme engagement à booter hors des cultures des Tchadiens ce mal séculaire : « Ceux et celles qui entravent la marche du Tchad vers le progrès en se livrant au détournement de ressources publiques, sachent qu’ils seront poursuivis résolument et que les lois de la République les frapperont sans la moindre pitié. Le Gouvernement et les institutions compétentes doivent prendre les mesures appropriées et les appliquer pour combattre avec force et vigueur toute forme de corruption, d’où qu’elle vienne.

Cette déclaration est un renvoi au travail lancé à l’endroit de l’AILC. Cette institution, à qui le peuple croit encore, doit travailler dur pendant cette période politique creuse, où les campagnes laissent désormais place au placement et au « business ». Car, seulement à mi-mandat, le peuple, qui a placé sa confiance au président de la République en le plébiscitant le 06 mai dernier, lui demandera déjà les premiers comptes.

L’AILC doit donc travailler à l’effet de créer un environnement où les pratiques corruptibles sont découragées et où la confiance du public dans les institutions est renforcée.

En parallèle, cette quête perpétuelle d’une administration assainie ne doit pas être seulement une affaire des institutions, mais aussi un effort collectif qui nécessite l’implication de chaque citoyen, car il n’y a pas un corrupteur sans un corrompu.

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