Que fait-on de la recommandation 18 du Forum national de la Femme Tchadienne ?

Ce lundi 31 mars, jour marquant la fin du mois de la femme, un jour après la fin du ramadan, notre rédaction s’arrête un seul instant pour s’interroger sur le Forum national de la femme tchadienne.

Le mois de la femme, le mois de mars, avait démarré par le Forum national de la femme tchadienne, la toute première édition. Une innovation vendue à cor et à cri par le ministère de la Femme qui a privé les femmes des traditionnelles aventures : le défilé et le port des pagnes habituellement dédiés. L’idée de départ, selon la ministre de la Femme et de la Protection de la Petite, Amina Priscille Longoh, était de consacrer cette journée à la valorisation des compétences des femmes tchadiennes.

Durant les 7 jours, plusieurs sujets ont été abordés lors des différents panels. Des stands ont attiré l’attention des visiteurs nationaux et internationaux.

Cependant, tous ces investissements n’ont été qu’un feu de paille à cause de la recommandation 18 portant sur le divorce. Cette recommandation a soulevé une levée de boucliers chez les hommes, mais aussi chez les autres femmes scepto-féministes, car il s’agissait de spolier complètement l’homme au profit de la femme et des enfants en cas de divorce « motivé ».

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Malgré les tentatives de justifications et/ou d’esquive ici et là, le bouc émissaire n’est jusque-là pas trouvé, et la ministre de la Femme, qui devrait continuer en attendant à assumer les dérives de ce mal, s’en lave elle aussi les mains. Qui doit donc porter le chapeau ? Qui peut être plus royaliste que le roi lui-même ? Les mauvaises choses ne sont que pour les uns et les bonnes pour les autres ?

Pourtant, les cas de viols, de féminicide, de tortures physiques, psychologiques et économiques sont exercés quotidiennement sur les femmes, pour la plupart rurales, sans assistance juridique consistante qui soit dûment communiquée au plus grand public, même pour dissuader.

En France, par exemple, une proposition de loi transpartisane visant à intégrer la notion de consentement dans la définition pénale du viol a été adoptée en commission des lois, mercredi 26 mars 2025. Le texte, en partie réécrit pour y introduire les suggestions faites par le Conseil d’État, est porté par les députées Véronique Riotton (Ensemble pour la République) et Marie-Charlotte Garin (Écologistes). Une avancée significative qui montre qu’en matière de défense et de protection des femmes, il n’y a aucune place réservée aux folklores et au « m’as-tu-vuisme ».

Le Tchad doit donc migrer énormément, surtout que le ministère en charge de la femme est élevé au rang de ministère d’État. Cette avancée institutionnelle ne doit pas simplement être une coquille vide, mais plutôt doter le ministère de tous les arsenaux (juridiques et financiers) pour sauver les sœurs, les mères et les femmes. Il y a encore, jusque-là, péril en la demeure.

 

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