Deuils et funérailles sont le lot du quotidien de la population de la Tandjilé-Ouest. Dans cette province, plus précisément le département de Manbagué, les éléphants ont décidé d’ôter le sommeil aux habitants. Ils tuent sans un regard compatissant du ministère de l’Environnement. Seulement du lundi 07 avril au mercredi 09 avril, il y a eu trois cas de décès causés par les éléphants. Une véritable cruauté.
Depuis le début de l’année, les éléphants n’ont fait que semer de la panique dans la population. Pour ces trois mois passés, le bilan des cas de décès dus aux éléphants s’élève à plus de huit personnes. Les habitants ont interpellé l’État et surtout le ministre en charge de l’Environnement afin de descendre sur le terrain pour constater les faits et trouver une solution urgente pour eux. Un appel sans suite pendant toute une commission est mis en place pour sauver les rhinocéros du parc national de Zakouma.
Il faut rappeler que le problème d’envahissement des éléphants dans la Tandjilé-ouest et plus particulièrement dans le département de Manbague date de 2022. Trois ans successifs que les populations de ces localités vivent dans la panique. Elles ne peuvent plus cultiver leurs sols ni ne peuvent plus circuler aisément. C’est de la panique et de la crainte quotidienne.
Depuis l’envahissement de ces éléphants, il y a des propositions de la population pouvant remédier à ce fléau, mais le gouvernement semble perdre de vue ce problème et garde un silence totalement complice. Parmi ces propositions, telles que mettre en place des corridors de migration pour les éléphants afin de les éloigner des zones proches des personnes, renforcer les mesures de protection des cultures et des villages contre les éléphants, rien n’est fait concrètement.
Récemment, lors du braconnage de deux rhinocéros dans le parc de Zakouma le 11 février 2025, le ministre de l’environnement du territoire a envoyé un comité pour faire des enquêtes afin de trouver les auteurs de ce braconnage. Cependant, face à la perte des vies humaines causées par les éléphants, il garde un silence. Comment peut-on expliquer ce genre de comportement ? Est-ce un gouvernement pour le bien des animaux ou bien pour les hommes ?
Les autorités locales se disent incompétentes face à ce problème. La population est abandonnée à son triste sort. Elle n’a que les larmes pour pleurer les siens qui meurent.
Entre les cultures qui doivent nourrir la population, la vie des citoyens de ces localités et la vie des éléphants, c’est cette dernière qui semble être privilégiée par les autorités du pays. La protection de l’environnement semble être au-dessus de celle de l’homme.
Par ILLETEGUI. S. Thomas

