Le gouvernement congolais par l’entremise du ministre de l’ intérieur et sécurité, Jacquemin Shabani a introduit une requête à la Cour Constitutionnelle en vue de la dissolution de 4 partis politiques exerçant en République Démocratique du Congo.
Il s’agit notamment du PPRD de Joseph Kabila Kabange, la CRP de Thomas Lubanga, l’ ADCP de Corneille Nangaa ainsi que le MLP de Franck Diongo.
Cette démarche serait motivée par des faits graves mettant en cause les leaders de ces partis politiques dans une présumée collusion avec le mouvement rebelle M23/AFC, responsable de l’occupation de plusieurs zones dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, dont les villes stratégiques de Goma et Bukavu.
La présence des anciens cadres du PPRD dans le rang de la rébellion ainsi que les récentes déclarations de son autorité mondiale, Joseph Kabila dans une interview accordée au journal sud-africain Sunday Times en février ainsi que celles d’Aubin Minaku, un des cadres de ce parti lors d’une réunion tenue au mois de février dernier amplifient les faits dans ce contexte de guerre où une annonce mystérieuse de la présence de Joseph Kabila à Goma était faite par plusieurs sources, chose que le ministre de l’intérieur qualifie d’atteinte à la souveraineté nationale.
Selon Jacquemin Shabani, ces faits violent l’esprit de la Constitution ainsi que les textes législatifs encadrant les partis politiques. Il rappelle en outre qu’en tant qu’ancien président et sénateur à vie, M. Kabila est soumis à une obligation de réserve, de loyauté et de patriotisme, conformément à la loi n° 18/021 du 26 juillet 2018 sur le statut des anciens chefs de l’État.
Il est également reproché au PPRD une largesse condamnable pour n’avoir pas pris des mesures disciplinaires contre ses membres ayant rejoints la rébellion, attitude qualifiée de complicité.
Les trois autres partis sont dans la même logique avec un silence de cimetière observé à l’interne après la traversée dans le camp de l’ennemi de leurs leaders politiques.
Se référant aux articles 29, 30 et 31 (alinéa b) de la loi n° 04/002 du 15 mars 2004 sur les partis politiques, Jacquemain Shabani a demandé au parquet de saisir la juridiction compétente afin de prononcer la dissolution contre ces 4 partis politiques.

