Le verdict est tombé dans l’affaire du Procès Bukanga Lonzo en République Démocratique du Congo et il est particulièrement sévère pour l’ancien Premier ministre, Augustin Matata Ponyo. Accusé de détournement de fonds publics, il a été condamné à 10 ans de travaux forcés ainsi qu’à la confiscation de ses biens par la Haute cour congolaise. Ses coaccusés, dont l’ancien gouverneur de la Banque Centrale du Congo Deo Mutombo Mwana Nyembo, ont eux écopé de 5 ans de prison et de la déchéance de leurs droits civiques pour une durée de 5 ans après leur peine.
Le procès Bukanga Lonzo a été marqué par de nombreux rebondissements et a tenu en haleine l’opinion publique congolaise pendant plusieurs mois. Les faits reprochés à Augustin Matata Ponyo remontent à son mandant en tant que Premier ministre, entre 2012 et 2016.
Il aurait détourné la somme considérable de 156.849.413 dollars américains avec l’aide de l’ancien gouverneur de la Banque Centrale du Congo, Deo Mutombo Mwana Nyembo, des fonds destinés au développement du parc agro-industriel de Bukanga Lonzo, situé dans l’est de Kinshasa. L’ancien Premier ministre a également été reconnu coupable de détournement de 89 millions de dollars américains avec un prévenu sud-africain, Christophe Krobler, qui lui a écopé de 5 ans de travaux forcés et de l’expulsion définitive du territoire national.
Une saisie de leurs biens a également été ordonnée, montrant ainsi la volonté des autorités congolaises de récupérer les fonds volés et de les réinjecter dans le développement du pays.
Selon Le Journal du Kinshasa, le procès de Matata Ponyon ne concerne pas seulement les faits reprochés. Il pourrait bien redessiner le paysage politique congolais. Matata Ponyo, encore perçu comme un acteur politique influent, risque de perdre toute crédibilité. Une condamnation compromettrait sérieusement son avenir politique.
Un procès politique ?
Vraisemblablement. En effet, Augustin Matata Ponyon est un opposant au président Félix Tshisekedi. Il avait été candidat à la présidentielle de 2023 -remportée par Tshisekedi – avant de se désister en faveur de Moïse Katumbi. Il n’a eu de cesse de dénoncer un « procès politique » et n’a jamais reconnu la compétence de la Cour constitutionnelle à le juger en tant qu’ancien Premier ministre.
Il dénonçait aussi une violation de ses immunités parlementaires, lui qui siège à l’Assemblée nationale comme député depuis les élections de 2023. La Cour avait en réponse argué du fait que son immunité de sénateur avait bien été levée avant les dernières élections législatives.
Par Nathaniel MOUNONE

