OXFAM déplore la pauvreté grandissante en Afrique, au milieu de la minorité milliardaire

L’ONG OXFAM a publié son rapport international intitulé « La crise de l’inégalité en Afrique et la montée des ultra-riches », ce jeudi 9 juillet 2025. Quatre (4) milliardaires d’Afrique détiennent plus de richesses que la moitié du continent.

Selon le nouveau rapport d’Oxfam, « quatre des milliardaires les plus riches d’Afrique détiennent aujourd’hui une fortune de 57,4 milliards de dollars, soit plus que la richesse combinée de 750 millions de personnes, c’est-à-dire la moitié de la population du continent ». Ce rapport est publié à la veille de la réunion de coordination semestrielle de l’Union africaine qui se tient cette semaine à Malabo, en Guinée équatoriale. Il révèle une grave crise des inégalités alimentée par des politiques qui profitent aux élites et affaiblissent les services publics.

Pourtant, en 2000, l’Afrique ne comptait aucun milliardaire. Aujourd’hui, elle en compte 23, dont la fortune cumulée a augmenté de 56 % au cours des cinq dernières années, atteignant 112,6 milliards de dollars. Le rapport mentionne que « les 5 % les plus riches d’Afrique détiennent une fortune de près de 4 000 milliards de dollars, soit plus du double de la richesse combinée du reste du continent ».

Un échec politique

Au regard de ces chiffres alarmants, pointant du doigt l’inégalité aiguë entre les Africains avec un nombre élevé de taux de pauvreté, la directrice d’OXFAM d’Afrique, Fati N’zi-Hassane, a déclaré que « les richesses de l’Afrique ne manquent pas, elles sont dilapidées par un système truqué qui permet à une petite élite d’amasser d’immenses fortunes tout en privant des centaines de millions de personnes des services les plus élémentaires. Il ne s’agit pas d’une malchance. C’est un échec politique – et cela doit changer. »

Selon elle, l’Afrique est l’une des régions les plus inégalitaires du monde et présente des taux de pauvreté parmi les plus élevés. Près de la moitié des 50 pays les plus inégalitaires sont africains. Aujourd’hui, sept personnes sur dix vivant dans l’extrême pauvreté dans le monde habitent en Afrique, contre seulement une sur dix en 1990. La faim s’aggrave également, avec près de 850 millions de personnes souffrant de faim, soit une augmentation de 20 millions depuis 2022.

Au lieu d’augmenter le budget…

Malgré l’aggravation de la pauvreté et le creusement des inégalités, les gouvernements africains restent les moins engagés au monde dans la réduction du fossé : ils continuent de réduire les budgets alloués aux services publics tels que l’éducation, la santé et la protection sociale, tout en offrant aux ultra-riches des impôts sur la fortune parmi les plus bas du monde.

Les conséquences sont flagrantes. La moitié de la population africaine vit dans 19 pays où les inégalités de revenus se sont aggravées ou ont stagné au cours de la dernière décennie. Les 5 % les plus riches d’Afrique détiennent aujourd’hui une richesse de près de 4 000 milliards de dollars, soit plus du double de la richesse combinée des 95 % restants de la population du continent.

Il faut une solution durable

À tout problème, une solution. Vu ces conséquences drastiques pour l’Afrique, « la solution est claire : taxer les riches et investir dans la majorité. Toute autre solution est une trahison. Si les États africains sont sérieux en matière de réforme et de justice, ils doivent cesser de récompenser une minorité et commencer à construire des économies au service de la majorité », a ajouté Mme N’Zi-Hassane.

Le Maroc et l’Afrique du Sud sont déjà des exemples de gouvernements africains qui perçoivent respectivement 1,5 % et 1,2 % de leur PIB au titre de l’impôt foncier, parmi les taux les plus élevés du continent. Aux Seychelles, les 50 % les plus pauvres ont vu leur part de revenu augmenter de 76 % depuis 2000, tandis que les 1 % les plus riches ont perdu les deux tiers de la leur. Le gouvernement garantit également des soins de santé universels, une éducation gratuite et de qualité, ainsi qu’un solide système de protection sociale pour les plus vulnérables.

Selon le rapport d’Oxfam, les pays africains pourraient collecter 66 milliards de dollars par an (2,29 % de leur PIB) en taxant la richesse des 1 % les plus riches d’un point de pourcentage supplémentaire et leur revenu de 10 points de pourcentage supplémentaires. Cela permettrait de combler les déficits de financement pour assurer une éducation de qualité gratuite à tous les citoyens et citoyennes et raccorder tous les foyers et toutes les entreprises à l’électricité.

Par ILLETEGHUI SAMGUE Thomas

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