Jusqu’au dernier moment, on aura espéré une heureuse surprise. Helas. Le capitaine des lions est resté indomptable. A travers son compte Facebook le dimanche 13 juillet 2025, le patriarche des présidents africains, Paul Biya ou le vieux, refusant de céder le fauteuil présidentiel, a annoncé sa candidature aux élections présidentielles d’octobre 2025. Cette annonce de briguer le huitième mandat s’inscrit dans un contexte de tensions politiques et sociales difficiles risque de jouer négatif dans la candidature du président fondateur. « Soyez assurés que ma détermination à vous servir est à la mesure de l’acuité des défis auxquels nous sommes confrontés » a informé l’opinion publique le président camerounais Paul Biya. C’est terminé que celui qui a dirigé le Cameroun vient d’officiellement annoncer Paul Biya, sa candidature à l’élection d’octobre prochain. Sa seule ambition est de mourir au pouvoir de peur d’être jugé pour tous les crimes odieux commis, soit politique, économique ou même moral.
Rien ne justifie la rigidité de ce grand dictateur à la tête d’un pays potentiellement riche comme le Cameroun, au peuple intelligent mais désuni à cause de Biya seul, accompagné des vieux vautours autour de lui qui respirent même par procuration. Ces élections ne seront pas comme les précédentes dû aux départs de deux personnalités.
Le temps du changement ?
Le scrutin du 12 octobre ne sera pas une mer facile à traverser, si ce n’est par le bateau de truquage. Paul Biya perd deux grands hommes : le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Issa Tchiroma Bakary et le ministre d’Etat, Maïgara Bello Bouba. Ces deux personnalités tous deux du grand nord, ont quitté le gouvernement en la fin de juin pour pouvoir se présenter eux aussi à l’élection du 12 octobre. L’ancien ministre de la Communication, Issa Tchiroma Bakary, très populaire dans le grand Nord du pays, et Bello Bouba Maïgari, le redoutable deviennent des poids lourds de ce scrutin. Le dernier fait plus peur à Paul Biya que tous les autres opposants. Allié historique du président Ahidjo, que Paul Biya a condamné par contumace à mort, son parti, L’UNDPC, va se raffermir à la base après son divorce avec le RDPC de Biya en crise noire endogène. Tout le grand nord du Cameroun va voter pour Bello Bouba Maïgari afin d’abord de venger leur digne fils Amadou Ahidjo puis surtout de sortir de l’injustice sociale que fait subir Paul Biya aux populations de cette partie du pays.
De même les deux poids de l’opposition constituent un véritable obstacle au patriarche africain. Il s’agit de l’opposant le plus farouche, Maurice Kamto, arrivé deuxième lors de la présidentielle ; et de Cabral Libii, une figure importante de l’opposition. Comme la date d’arrêt de pot est prévue le 21 juillet 205.
Cependant, la seule option qui lui est favorable est le truquage, le vol des élections, d’ailleurs habitué à le faire. Avec un système de gestion des élections capables de le maintenir jusqu’à sa mort, Paul Biya sait exactement que si ce n’est pas la mort, rien ne pourra le chasser à la tête du Cameroun. Entre la peur d’être poursuivi et jugé pour motifs la corruption et le népotisme, le pouvoir autoritaire, le manque des libertés publiques, les violations des droits de l’homme et est à l’origine du conflit Nord-ouest Sud-ouest, Paul Biya opte pour seule voie de quitter le pouvoir rien par la voie qui attend tout le monde : la mort.
Le déclin ou la résistence
Le déclin de Paul Biya serait donc palpable si la décision revenait de choisir son président. Le changement serait convoqué au Cameroun en 2025, et ce serait le moment opportun. L’heure de la libération d’un peuple affaibli et étouffé va donc être sonnée. Comme quoi, la longévité au pouvoir n’est pas synonyme de la bonne gouvernance. Pourquoi ?
Aujourd’hui, rien ne va au Cameroun. La sécurité est complètement menacée. Biya et son armée (à lui seul) ne parviennent plus à sécuriser tout le Cameroun en proie aux menaces terroristes à l’extrême nord et aux vœux pieux des indépendantistes anglophones très marginalisés par le régime Biya. Là encore, à défaut de dialoguer, il les massacre.
Il a raté sur le plan économique et social (nous y reviendrons avec des chiffres à l’appui). Politiquement, Paul Biya est devenu un loup pour l’opposition démocratique. Après avoir réussi à écarter toutes les voies discordantes, et surtout rendu son règne sans fin en s’offrant une infinité de mandats, en prenant en otage ELECAM, le vieux Paul n’avait pas vu venir les menaces de son propre camp, du moins de ses soutiens.

