»La décentralisation ne signifie en aucun cas la fin de l’État unitaire, ni l’instauration d’un système fédéral », Abderaman Koulamallah

La décentralisation ne signifie en aucun cas la fin de l’État unitaire, ni l’instauration d’un système fédéral.

Comme l’a justement rappelé le ministre des Finances, M. Tahir Hamid Nguilin, les prérogatives régaliennes restent du ressort exclusif de l’État central. Ce principe fondamental doit être préservé pour garantir la cohérence institutionnelle, l’unité du pays et l’égalité entre les citoyens, quels que soient leur lieu de résidence.

La décentralisation est un moment crucial dans la vie d’une nation. Elle ne doit pas être pensée comme un transfert de pouvoir incontrôlé, mais plutôt comme une réorganisation rationnelle des compétences entre les différents niveaux de gouvernance. Son objectif principal est de rapprocher les centres de décision des citoyens, de renforcer la démocratie locale, et d’améliorer l’efficacité de l’action publique.

Cependant, cette transition ne saurait être brutale. Elle doit se faire progressivement, avec prudence et méthode, en tenant compte des capacités locales, de la réalité territoriale, et des impératifs d’équité.

Certaines missions sont, par essence, du ressort de l’État central. Il s’agit notamment de la sécurité, de la défense, de la justice, de la diplomatie, de la politique budgétaire nationale, de la définition des grandes orientations de la politique économique et sociale, ainsi que de la coordination des politiques sectorielles nationales, notamment en matière d’éducation, de santé ou d’infrastructures. L’État a aussi un rôle central dans la régulation des équilibres interprovinciaux, afin de garantir la solidarité nationale.

En revanche, les collectivités territoriales décentralisées, notamment les conseils provinciaux, doivent se voir confier des responsabilités claires et bien définies, telles que la gestion des établissements scolaires et sanitaires de proximité, l’entretien des routes secondaires et pistes rurales, la gestion de l’eau, de l’assainissement, des déchets, la promotion de l’artisanat local, de la culture et du tourisme, le soutien aux activités agricoles et au développement local, ou encore la mobilisation de ressources fiscales locales dans un cadre harmonisé avec l’État central.

La réussite de la décentralisation passe par la formation des élus locaux, la clarification des compétences, une autonomie financière encadrée, et un dialogue permanent entre les niveaux de pouvoir. L’État central ne doit pas se dessaisir de ses responsabilités, mais au contraire jouer un rôle de régulateur, garant de l’unité et de l’équité nationale.

La décentralisation ne peut pas être une aventure improvisée. Elle est une construction collective, exigeante, mais porteuse d’espoir si elle est bien conduite. Elle doit renforcer la République, pas la diluer.

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