L’Union Européenne et les États-Unis ont conclu un accord commercial prévoyant 15 % de droits de douane sur les produits européens, alors que Washington devait imposer le mois prochain des droits de 30 % qui auraient profondément déstabilisé les échanges transatlantiques, estimés à 1 700 milliards d’euros par an.
L’accord a été annoncé dimanche 27 juillet après une rencontre entre la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le président américain, Donald Trump à Turnberry, en Écosse. Il prévoit que l’UE sera soumise à un droit de douane de 15 % sur « les automobiles et tout le reste », selon Donald Trump.
Bruxelles achètera également pour 750 milliards de dollars d’énergie américaine et investira 600 milliards de dollars outre-Atlantique « en plus » de ce qu’elle a déjà promis, a ajouté le républicain.
Il a aussi souligné que l’UE achètera une « grande quantité d’équipements militaires [américains] » et « ouvrira » ses marchés pour permettre aux exportations américaines d’entrer sur le continent sans droits de douane.
Cet accord survient après plusieurs mois d’intenses négociations, menées dans un contexte de fortes tensions liées aux hausses tarifaires décidées par Washington, qui ont perturbé les chaînes d’approvisionnement et alimenté l’inquiétude économique en Europe.
Donald Trump avait précédemment annoncé des droits de 50 % sur l’acier et l’aluminium, de 25 % sur les voitures et les pièces automobiles, et de 10 % sur la plupart des autres exportations de l’UE, ce qui représente environ 370 milliards d’euros de marchandises européennes, soit 70 % des exportations de l’Union européenne vers les États-Unis.
Ces taxes s’ajoutaient aux droits moyens de 4,8 % que les exportateurs européens devaient déjà acquitter avant le retour de Donald Trump au pouvoir en janvier.
Des réactions fusent
Du côté des États membres de l’UE, les réactions sont hostiles. François Bayrou, Premier ministre français : il qualifie l’accord de “jour sombre” pour l’UE, dénonçant un compromis qui aurait davantage favorisé les États-Unis et assimilant l’accord à une forme de soumission. Pour Marine Le Pen du Rassembmleent narional, cet accord est un « fiasco politique, économique et moral ». Elle estime que l’UE a abandonné sa souveraineté et laissé Donald Trump imposer ses conditions. Jean-luc Mélenchon, lui, le considère comme une capitulation.
Giorgia Meloni, Présidente du Conseil des ministre d’Italie voit dans l’accord une solution préventive contre la guerre commerciale. Elle souligne tout de même que les détails restent à analyser avant de se prononcer. Quant à Viktor Orbán, premier ministre hongrois, très critique, “Trump a mangé von der Leyen au petit déjeuner”, dénonçant un déséquilibre flagrant dans le rapport de force.

