20 ans de prison pour Masra : fin de partie ou nouveau bras de fer ?

La chambre criminelle a condamné, la semaine dernière, l’ancien Premier ministre et président du parti Les Transformateurs, Dr. Succès Masra, à 20 ans de prison ferme assortis d’un milliard de francs CFA de dommages et intérêts. Ce verdict, lié aux événements meurtriers de Mandakao dans le Logone occidental en mai dernier. Ses avocats ont jusqu’au 19 août pour se pourvoir en cassation.

Beaucoup espéraient que le chef de l’État, le maréchal Mahamat Idriss Déby, annoncerait une grâce présidentielle lors de son discours du 11 août, à l’occasion de la fête de l’Indépendance. Sans surprise, le président a préféré axer essentiellement son allocution sur la politique de la main tendue, le social et la relance économique, laissant cette hypothèse s’évanouir.

Le parti réclame une amnistie totale.

Sur RFI ce 13 aout, le vice-président des Transformateurs, chargé des affaires politiques, des relations bilatérales et de la diaspora, Ndolembai Sadé Ndjessada, a écarté toute attente de grâce présidentielle.

« Nous n’espérons pas une grâce », a-t-il insisté, « nous n’espérons pas une grâce. » Il demande plutôt au président Mahamat Deby  »d’amnistier totalement Succès Masra » en  »rouvrant les voies de communications sincères ».

Une demande jugée excessive par certains, au regard du précédent de 2023. En effet, en 2023, le président de la République, le maréchal Mahamat Idriss Deby, avait pris un acte d’amnistie générale en faveur du chef du parti Les Transformateurs ainsi que de tous ses militants impliqués dans les violences du 20 octobre 2022 qui ont causé plusieurs dizaines de morts selon le gouvernement. Cette décision avait permis au leader des Transformateurs de reprendre pleinement part au processus de transition.

En revanche, le chef de l’État a sans doute tiré des leçons de cette amnistie. Car une fois blanchi, Succès Masra n’avait pas ménagé ses critiques. Il a usé de sa liberté retrouvée pour accentuer la pression politique sur le président.

Par Nathaniel MOUNONE

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