Polémique autour de l’intérim à la présidence du parti Les Transformateurs

Le parti d’opposition Les Transformateurs a annoncé, ce samedi 16 août, que l’intérim à la tête de la formation sera assuré par sa vice-présidente chargée de l’Engagement et du Leadership féminin, Hoïnaty Moh-Ndomal Claudia. Une décision qui suscite déjà de vives réactions sur la toile. Mais les militants, eux, manifestent leur désaccord en silence et dans des petits groupes.

Dans une lettre adressée aux militants le 9 août, jour de sa condamnation par la cour criminelle, le président du parti, Succès Masra, avait appelé à une direction collégiale afin de maintenir la cohésion interne. La note circulaire publiée samedi rappelle qu’en vertu des statuts du parti, l’intérim revient à Mme Hoïnaty, tandis que les autres vice-présidents, le secrétaire général et les membres du bureau poursuivent leurs missions.

Le parti précise également que cette gestion collégiale était déjà en vigueur depuis l’arrestation de son président. L’ancien ministre Bedoumra Kordjé continuera, pour sa part, d’apporter son expertise en tant que conseiller stratégique senior.

Cependant, certains observateurs politiques estiment que cette note est désormais « caduque » et ne reflète plus la réalité du parti, qu’ils accusent de semer la confusion parmi ses militants. Face à ces critiques, la direction du parti réaffirme que le rôle spécial confié à Bedoumra Kordjé relève du fonctionnement opérationnel du parti et de la mission que lui a assignée le président Masra.

La polémique intervient dans un contexte de fortes tensions internes. Plusieurs militants auraient exprimé leur volonté de quitter la formation. Dans un message adressé à l’opinion nationale, Dr. Succès Masra a reconnu l’existence de ces difficultés, tout en affirmant que l’équipe dirigeante soutient pleinement ses décisions.

Le communiqué insiste par ailleurs sur le fait que « l’intelligence collective fait partie de l’ADN du parti Les Transformateurs » et que cette approche a toujours été prônée par son président afin de mobiliser les compétences nationales et celles de la diaspora.

Pour beaucoup, cette déclaration est en contradiction avec la réalité. Depuis sa création en 2018, le parti fonctionnerait de manière autoritaire, laissant peu de place à la prise de décision collective. Selon eux, si Succès Masra avait davantage écouté ses collaborateurs, il n’aurait peut-être pas été condamné et le parti n’aurait pas perdu plusieurs de ses figures de proue, telles que Moustapha Masri, Dr Sitak Yobatina Béni et bien d’autres.

Par ESSIBEYE Lévis

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