Accusé de complicité avec le M23, un groupe rebelle armé dont les offensives ont fait, depuis 2021, des milliers de morts et des millions de déplacés dans l’est du pays, l’ancien président de la République Démocratique du Congo, Joseph Kabila, 53 ans, a été jugé, ce vendredi, par contumace, après que le ministère public ait appelé les juges de la Haute Cour militaire du pays à le condamner « à la peine de mort » pour « crimes de guerre », « trahison » et « organisation d’un mouvement insurrectionnel », à 20 années d’emprisonnement pour « apologie de crimes de guerre » et, enfin, à 15 ans de prison pour « complot ».
Pour ses plus proches collaborateurs politique, cette décision est injustifiée. « C’est un procès politique, le régime cherche à dissimuler son échec diplomatique et militaire » a notamment déclaré Ferdinand Kambere, le secrétaire général du PPRD, le parti de Joseph Kabila. Même son de cloche pour Emmanuel Ramazani Shadary, qui a confié au micro de RFI: « C’est un procès inique, non équitable, encore moins équilibré, qui est d’ailleurs un non-événement. On y voit la haine transpirer envers quelqu’un qui vous a tout donné. »
Moïse Katumbi, chef du parti Ensemble pour la République, a lui développé dans un communiqué l’idée que ce procès était une « manœuvre politique cynique » destiné à « réduire au silence un acteur majeur ».
Les habitants de Bukavu, quant à eux, ont exprimé leur scepticisme quant à l’impact d’une condamnation de Kabila sur la paix dans la région. Certains craignent que ce réquisitoire ne compromette les pourparlers de paix en cours à Doha entre le gouvernement congolais et le mouvement M23.

