Bénin | Patrice Talon mise sur Romuald Wadagni : succession assurée ou pari risqué ?

Patrice Talon prépare-t-il un vrai bon dauphin ? La question fait tout depuis quelques heures sur les lèvres des Béninois habitués aux bonnes valeurs démocratiques, malgré les tumultes des deux dernières années. Le Bloc républicain et l’Union républicaine le Renouveau, les deux grandes formations politiques soutenant le président Patrice Talon bientôt, ont porté leur choix sur Romuald Wadagni, actuel ministre de l’Économie et des Finances, comme candidat à l’élection présidentielle prévue en avril 2026.
Il y a plus d’un mois, le président Talon avait annoncé son retrait des affaires. Il avait estimé que « d’autres leaders étaient capables d’assurer la relève. »

Âgé de 49 ans, Romuald Wadagni est considéré comme l’un des artisans majeurs de la politique économique béninoise depuis 2016. Diplômé de l’École supérieure des affaires de Grenoble et titulaire d’un MBA de la Harvard Business School, il est expert-comptable certifié en France et aux États-Unis. Avant son entrée en politique, il a fait carrière chez Deloitte, où il a gravi les échelons jusqu’à devenir, à 36 ans, le plus jeune associé du groupe dans la zone Afrique francophone.

Ses partisans voient en lui l’homme de la continuité, capable de prolonger les réformes de Talon et de consolider les acquis. Ses détracteurs lui reprochent un déficit de fibre politique dans un pays où la proximité avec la population reste déterminante.

En renonçant à un troisième mandat, Patrice Talon ouvre la voie à une alternance encadrée au sein de sa mouvance. Pour la première fois depuis le renouveau démocratique, un candidat officiellement investi par une coalition pourrait accéder au pouvoir. Reste à Wadagni de transformer sa stature d’argentier respecté en leadership politique capable de séduire l’électorat.

Par Nathaniel MOUNONE

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