De Kaboul à Tripoli : le Maréchal Mahamat Idriss Deby Itno relie le terrorisme mondial aux erreurs du passé

L’Italie accueille pour la première fois à Rome mercredi la réunion de haut niveau du Processus d’Aqaba, une initiative lancée en 2015 par le roi Abdallah II de Jordanie pour renforcer la coopération internationale en matière de lutte contre le terrorisme.

Ce forum, qui célèbre cette année son 10ᵉ anniversaire, place au cœur de ses discussions l’instabilité croissante et le jihadisme dans la région du Sahel, en lien avec le Plan Mattei pour l’Afrique défendu par le gouvernement italien.

Le président de la République du Tchad, Maréchal Mahamat Idriss Deby Itno, a, à cette occasion, rappelé que cette réunion « est un cadre d’échanges international sur l’extrémisme ».

Le chef de l’État a rappelé les causes de ce fléau du terrorisme dans le monde. Il s’agit en Orient de l’invasion de l’Afghanistan qui s’est soldée par l’établissement d’une base solide à ALQAIDA, le changement de régime par la force en Iraq, notamment l’assassinat de Saddam Hussein, a engendré l’avènement de DAESH au Moyen-Orient. En Afrique, le maréchal Mahamat Idriss Deby a cité l’assassinat du guide libyen Ghadafi qui a ouvert la voie à la création de plusieurs mouvements terroristes « qui ont semé et sèment aujourd’hui encore la mort dans plusieurs pays du Sahel » et le renversement du régime soudanais d’Oumar Al Béchir ayant provoqué l’effondrement du Soudan, suivi d’un drame humanitaire et sécuritaire de grande échelle. Ce néant, selon le président de la République, « créé au Soudan a également contribué au renforcement de mouvements extrémistes comme la secte terroriste Boko Haram ».

Ces désordres systémiques créés au sein de populations de pays livrés au chaos en plus du sous-développement, de la pauvreté, de l’ignorance et de l’absence de perspectives plus accablants. Les corollaires de cette montée en puissance du terrorisme sont entre autres la criminalité transfrontalière, le trafic des êtres humains, des armes, des munitions, des drogues, l’émigration clandestine et l’insécurité généralisée, a signalé le chef de l’État tchadien.

Pour ce qui est du Tchad et de la région du Sahel en général, le Président de la République a aussi déploré cette « déferlante terroriste qui continue d’étendre ses tentacules et de diversifier son mode opératoire pour faire toujours plus de destructions ». « Les groupuscules terroristes ont conquis des territoires, diversifié leurs financements, modernisé leurs équipements et adapté leur doctrine », a déclaré le Maréchal.

Face à cette situation, le Tchad ne baisse pas son épée de combat. Il est en première ligne de cette guerre asymétrique et résiste contre la barbarie terroriste.  « Face aux organisations terroristes qui ne connaissent ni barrières spatiales, ni limites morales, le Tchad n’a pas attendu que le danger frappe à ses portes. Il est allé l’affronter là où il se trouvait », a déclaré le chef de l’État.

« J’ai moi-même marché sur ces terrains de guerre. J’ai vu l’engagement et la détermination de vaillantes forces armées tchadiennes qui n’ont jamais reculé. Elles ont agi avec force et conviction pour affronter les terroristes. Leurs actions héroïques ont conduit au démantèlement des bastions terroristes et à la récupération de renseignements cruciaux. » a-t-il déclaré.

 

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