Le Groupe de Concertation des Acteurs politiques (GCAP) se retire définitivement de la scène politique en annonçant la mort de la démocratie au Tchad ce vendredi 31 octobre 2025 par la fermeture de ses sièges sur toute l’étendue du territoire.
Plusieurs raisons ont contribué à la décision de se taire définitivement sur la scène politique. Pour le GCAP, il y a une chaîne d’ actes de la part du régime qui montrent que la démocratie ne peut plus tenir dans ce pays. « Lorsque la démocratie est détournée, lorsque la peur règne, lorsque la justice perd tout son sens, la véritable politique devient impossible » s’insurge Nassour Koursami, porte-parole de GCAP. Et donc continuer à se prononcer sur la politique, c’est continuer à légitimer le pouvoir illégitime, c’est faire une opposition de façade.
Selon Max Kemkoye, cet acte a subi plusieurs phases. Du dialogue national inclusif, en passant par le référendum constitutionnel qui a abouti à la Constitution de 2023, des élections présidentielles aux législatives et locales, tout a été taillé en faveur d’une seule personne ou d’un seul régime. Le comble, pour le GCAP, c’est la révision technique adoptée par l’Assemblée nationale et le Sénat pour tailler une Constitution selon la volonté du président en lui accordant d’être à la fois président du parti politique.
En plus de cela, les opposants sont menacés, arrêtés et mis en prison, certains ont été tués, notamment le cas de Yaya Dillo. Pour Nassour Koursami, ce retrait est un appel pour éveiller la conscience, une démonstration du refus d’un pouvoir qui s’impose pour fonctionner seulement par la pensée unique. C’est pourquoi il faut se retirer définitivement de toutes les activités politiques.
Cet acte, loin d’être perçu comme un jeu politique simple, est un signal très fort pour le pouvoir. Car, lorsque dans un pays démocratique, les voix discordantes, celles des oppositions sont tues, s’installe automatiquement la dictature.

