Le 4 novembre 2025, un conflit intercommunautaire a causé plusieurs dizaines de morts à Dibébé, un village du département de Ngoura dans la province de Hadjer-Lamis. Le drame aurait été causé par un malentendu autour d’un puits d’eau revendiqué par deux communautés sœurs issues des provinces du Barh El-Gazel et du Hadjer-Lamis.
Selon des témoins cités par les médias locaux, le différend trouverait son origine dans un ancien contentieux foncier datant de 1967. La tension restait vive dans la zone, malgré le déploiement des forces de sécurité.
Une délégation ministérielle a été dépêchée dans cette localité le 5 novembre afin de faire la lumière sur les causes du conflit, d’établir les responsabilités et de préparer les poursuites judiciaires contre les auteurs. Elle a procédé à une évaluation approfondie de la situation et au désarmement des populations des deux communautés impliquées afin de prévenir toute reprise des hostilités.
Ce conflit, longtemps contenu dans le mythe de méfiance réciproque et hypocrite, était pourtant prévisible. Car ce puits fantôme avait été la cause de la perte de plusieurs vies humaines. Il est inutile de se bercer dans des illusions. Les conflits intercommunautaires au Tchad, s’ils avaient occupé une part importante dans les débats lors du dialogue national inclusif et souverain de 2022, il va sans dire qu’ils sont de plus en plus attisés par des communautés très faiblement sensibilisées sur le vivre ensemble.
Dans la pratique, les tentatives de résolution de ces conflits, meurtriers ou non, la part des élites manipulatrices, tapis dans l’ombre, n’est pas bien établie. Aussi, le gouvernement ne prend -t-il guère la mesure de prévenir ces drames qui tournent pourtant autour des problèmes communautaires bien identifés.
Le fameux « puits de Dibébé » avait déjà coûté des vies par le passé. Et pourtant, les signaux d’alerte n’ont pas été entendus.
Le gouvernement doit désormais faire preuve de fermeté et de clairvoyance : la force doit revenir à la loi, non à la rancune. Il faut éviter de les trancher avec souplesse mais avec une véritable rigidité d’une barre de fer. Les sensibilisations au niveau communautaire doivent être intensifiées pour sortir définitivement le pays de cette boite noire, meurtrière et fatale. Pour ce faire, le Haut Conseil des chefferies traditionnelles doit jouer pleinement son rôle de garant de cohésion sociale et de la paix entre les communautés. Puisque, aussi longtemps que ces conflits dureront au sein des communautés, le développement rural sera toujours bravé.

