L’avocat des pèlerins tchadiens expulsés d’Arabie saoudite (217 personnes), Me Mbaindingadjim Koimbaye, a animé un point de presse ce samedi 06 décembre 2025 à la Radio FM Liberté, dans la commune du 7ᵉ arrondissement de N’Djamena. Au centre de son intervention : des irrégularités présumées dans la gestion des parcelles attribuées à ces ressortissants par le président Ngarta Tombalbaye.
Ces parcelles, situées au quartier Hillehoudja, avaient été octroyées dans le but de permettre à ces Tchadiens refoulés de « reconstruire leur vie, retrouver leur dignité et contribuer au développement de la nation », a rappelé l’avocat. Il a souligné que les événements de 1979 avaient interrompu leur jouissance de ces terres, mais que, grâce au retour progressif à la paix, ses clients avaient pu entreprendre les démarches nécessaires pour recouvrer leurs droits — démarches qui ont abouti à la reconnaissance pleine et entière de leur propriété.
Pour une gestion optimale de ces biens, les bénéficiaires se sont organisés en deux groupes, représentant respectivement 40 % et 60 % des membres. Un accord à l’amiable, enregistré sous le Répertoire n°0060AB et signé devant le notaire Bongoro Théophile, avait désigné Souleymane Abdoulaye Tahir comme arbitre, mandaté par Ahmat Moussa Ali.
Cependant, selon Me Koimbaye, cet arbitre aurait gravement manqué à sa mission. « Au lieu d’agir en médiateur et garant de l’équité, Souleymane Abdoulaye Tahir s’est arrogé des prérogatives qui ne lui revenaient pas, s’appropriant des parcelles et les redistribuant à des tiers, en violation flagrante de l’accord notarié et des droits des véritables bénéficiaires », a-t-il dénoncé.
Face à ces agissements présumés, l’avocat exige la suspension immédiate de Souleymane Abdoulaye Tahir de toute fonction liée à la gestion des parcelles ; l’ouverture d’une enquête judiciaire indépendante afin de faire la lumière sur les malversations alléguées ; la restitution sans délai des parcelles attribuées illégalement à des tiers et la mise en place d’un mécanisme de gouvernance transparent, associant de manière équitable les deux groupes signataires de l’accord initial.
Me Koimbaye a conclu en appelant les autorités à garantir la justice et la transparence dans cette affaire qu’il qualifie de « préjudiciable au droit et à la dignité » de ses clients.

