En parallèle à la Journée internationale de lutte contre la corruption, l’Autorité indépendante de lutte contre la corruption (AILC) a organisé ce mardi 09 décembre 2025, au Radisson Blu, une journée d’échanges avec les médias nationaux. Placée sous le thème « S’unir avec la jeunesse contre la corruption : assurer l’intégrité des hommes de demain », cette rencontre visait à présenter aux professionnels des médias le bilan 2025 de l’AILC ainsi que les perspectives pour 2026.
L’AILC rappelle que sa mission est de mettre en lumière des pratiques illicites longtemps restées impunies, de corriger les dérives administratives et financières qui font perdre à l’État des centaines de milliards de FCFA, et de restaurer l’intégrité dans la gestion publique au bénéfice des citoyens et des institutions.
L’Autorité indépendante de lutte contre la corruption a mené 37 missions de contrôle, d’audit, de vérification et d’enquête dans divers secteurs : ministères (Finances, Pétrole, Santé, Action sociale, Mines, Fonction publique, Armée, Communication, Enseignement supérieur, Aménagement du territoire, Élevage), institutions publiques (Trésor, DGI, Douanes, CRCT, ONASA, ENASTIC, SNE, ARSAT), sociétés pétrolières et minières, collectivités, ainsi que plusieurs projets financés par les partenaires.Pour la province du Ouaddaï : l’AILC a découvert 6 093 378 068 FCFA de fonds fictifs. Pour le projet de digues dans le 9ᵉ arrondissement : un budget révisé à 8 023 165 250 FCFA, contre un montant initial de 17 428 232 357 FCFA et une facturation fictive d’une digue de 5 km non réalisée.
Au niveau de la société CNPCIC, des pertes estimées à 224 900 000 000 FCFA à cause d’exonérations illégales ou injustifiées.
Au niveau des banques commerciales, des recettes de l’État encaissées indûment. Des redressements effectués à 62 994 631 291 FCFA. Des recouvrements qui s’élèvent à 58 783 608 817 FCFA, dont 11 299 732 091 FCFA versés au Trésor public ; 47 483 876 746 FCFA en compensations.
Dans le secteur douanier, les missions ont révélé des minorations de valeurs en douane, des taxes non payées, des faux bordereaux et un non-respect récurrent des procédures. Ces irrégularités représentent plusieurs centaines de milliards de FCFA de pertes ou risques financiers.
Les missions menées en 2025 ont permis de générer 910 969 736 354 FCFA de redressements, 120 662 868 826 FCFA de recouvrements, dont 22 060 037 851 FCFA effectivement versés au Trésor, 98 602 830 975 FCFA compensés, 790 306 867 528 FCFA restant à recouvrer.Sur le plan matériel, 31 véhicules de l’État indûment conservés ou cédés ont été récupérés, et plusieurs autres irrégulièrement détenus ont été identifiés.
L’AILC fait état de plus de 20 dossiers contentieux, impliquant 92 personnes, 54 relevées ou suspendues de leurs fonctions, 38 sous poursuites judiciaires, 6 déjà condamnées, 18 en détention, 14 recherchées. Les charges portées incluent détournement, faux, usage de faux, concussion et corruption.Pour préserver les intérêts de l’État, l’Autorité a également gelé des comptes, annulé des contrats irréguliers, bloqué des attestations d’exonération et suspendu plusieurs responsables.
L’AILC préconise notamment la digitalisation complète des circuits financiers (DGI, Douanes, Trésor, banques), la suppression totale du paiement hors-sol, la renégociation des conventions pétrolières, l’audit du fichier du personnel de l’État, la sécurisation du patrimoine foncier et mobilier, et un suivi rapproché des projets financés par les bailleurs.
Pour 2026, l’AILC annonce déjà une vingtaine de plaintes et dénonciations jugées recevables, une soixantaine de missions de contrôle et d’enquêtes programmées, ainsi que plusieurs réformes en cours.
Par ILLETEGUI SAMGUE Thomas

