Dans le cadre d’une tournée qui doit le conduire au Moyen-Orient et en Afrique, le Premier ministre indien effectue ce mardi 16 décembre une visite d’État en Éthiopie. Pour son premier déplacement dans le pays, Narendra Modi va rester deux jours à Addis Abeba, à l’invitation de son homologue éthiopien, Abiy Ahmed.
Vue de New Delhi, l’Éthiopie présente un intérêt à la fois économique et géostratégique sur le continent africain où l’Inde entend accroître son influence, notamment face à la Chine. Pour les autorités indiennes, le pays a en effet l’avantage de pouvoir devenir un point d’appui dans leur stratégie de projection en Afrique car il jouit à la fois d’un rôle institutionnel important avec le siège de l’Union africaine dans sa capitale, et d’un poids politique et économique renforcé depuis son adhésion au club des BRICS élargis, en 2024.
ur le plan économique, l’Éthiopie est par ailleurs vue en Inde comme un pays en phase de redressement où elle est présente de longue date. Plus de 175 entreprises indiennes y sont toujours en activité, principalement dans le secteur textile. Si New Delhi y a d’abord investi dans l’agriculture avant que des contraintes fiscales et opérationnelles ne freinent cet élan, ses ambitions se tournent désormais aussi vers le très stratégique secteur minier.
L’Éthiopie dispose en effet d’un potentiel encore peu exploité en minéraux critiques et en terres rares indispensables aux énergies renouvelables, aux batteries et aux semi-conducteurs. Même si des obstacles réglementaires, logistiques et d’infrastructures demeurent pour les valoriser, les autorités indiennes sont bien conscientes de l’opportunité qu’ils représentent, comme en témoigne la récente publication d’une étude de l’ambassade indienne à Addis-Abeba sur le sujet. Une coopération minière structurée entre les deux pays permettrait ainsi à New Delhi de sécuriser des approvisionnements clés…
Alors que l’Éthiopie cherche à attirer davantage d’investissements indiens – notamment dans le secteur pharmaceutique, l’agro-transformation et l’industrie légère – et que l’Inde lorgne également un accès au marché africain via la zone de libre-échange continentale (ZLECAf), la visite sur place de Narendra Modi devrait déboucher sur la conclusion de plusieurs accords.
Avec RFI

