À l’occasion de son message à la nation pour le nouvel an ce 31 décembre 2025, le président de la République, le Maréchal Mahamat Idriss Deby Itno, a abordé pour la énième fois le conflit qui déchire le Soudan voisin. Le chef de l’État tente de dissiper les soupçons d’ingérence qui pèsent sur N’Djamena.
Le ton est à la fois grave et solennel. Un ton qui n’est pas nouveau pour le président de la République du Tchad, Mahamat Idriss Deby Itno, depuis le début de la guerre au Soudan en avril 2024. Face à ce qu’il qualifie de « conflit fratricide », le Maréchal Mahamat Idriss Deby Itno a dressé un bilan alarmant de la situation au Soudan. Pour lui, la guerre ne se contente plus d’endeuiller les familles soudanaises, elle menace désormais l’équilibre même de la sous-région en détruisant le tissu économique et industriel du géant voisin.
Loin d’être un simple argument, il faut rappeler le poids humanitaire qui pèse sur le Tchad avec plus d’un million de réfugiés soudanais à l’est du Tchad. Selon le dernier rapport de l’UNHCR, depuis la dernière attaque à El Fasher fin octobre, 17 665 nouveaux arrivants (6 835 familles) ont été enregistrés le long des frontières orientales du Tchad, y compris 59 % (10 372 individus de 3 653 familles) qui sont entrés par Oure Cassoni-Bahai et Kariari (Ennedi Est) ; 31 % (5 573 individus de 2 387 familles) ont franchi la frontière via Tiné (Wadi Fira) et 10 % (1 720 individus issus de 795 familles) sont arrivés par Adré et Adikong (Ouaddaï).
Un chiffre symbolique et massif que le Président présente comme un « acte de dignité et d’humanité ». Derrière cette solidarité se cache néanmoins une réalité plus sombre pour les provinces hôtes, à savoir la saturation des services publics, les risques sécuritaires et sociaux et l’impact environnemental.
La neutralité en question
Le Maréchal Mahamat Idriss Deby Itno a saisi cette occasion pour lancer, comme il l’a toujours fait, un appel solennel au dialogue soudano-soudanais. En effet, depuis plusieurs semaines, des rapports internationaux et des accusations émanant des ONG internationales pointent du doigt le Tchad comme servant de base arrière ou de zone de transit pour le soutien logistique à l’un des belligérants (notamment les Forces de soutien rapide – FSR).
Des allégations balayées tacitement par le président Mahamat Idriss Deby Itno affiche ainsi donc sa seule priorité qui est celle de protéger les civils et d’ouvrir de couloirs humanitaires, loin des jeux d’influence militaires affreux.
Le Maréchal a lancé un appel direct aux protagonistes de la crise : « J’appelle les différents protagonistes […] à s’asseoir autour d’une table et à dialoguer pour arrêter cette tragédie. » Pour le Tchad, la solution ne sera que politique.

