Afrique Subsaharienne : Le grand écart entre potentiel de géant et fragilités persistantes

Dans un rapport consacré à l’Afrique subsaharienne, le groupe de la Banque mondiale classe plusieurs pays du continent parmi les États fragiles ou touchés par des conflits, tandis que 13 autres figurent dans la catégorie des petits États, caractérisés par une faible population, un capital humain limité et une superficie restreinte. Pourtant, doté d’importantes ressources naturelles, de la plus grande zone de libre-échange au monde et d’un marché de 1,2 milliard d’habitants, le continent dispose d’un potentiel considérable pour tracer une nouvelle trajectoire de développement en valorisant ses richesses et sa population.

Selon le rapport ,le dernier Bulletin économique régional de l’institution, la croissance de l’Afrique subsaharienne devrait passer de 3,3 % en 2024 à 3,5 % en 2025, avant de s’accélérer pour atteindre 4,3 % sur la période 2026-2027. Toutefois, l’incidence et la gravité des conflits et des violences se sont intensifiées tout au long de l’année 2024 et au début de 2025, aggravant l’insécurité alimentaire aiguë et multipliant les situations d’urgence humanitaire.

Le rapport estime qu’environ 120 millions d’Africains sont actuellement confrontés à une insécurité alimentaire aiguë, dont 80 % vivent dans des pays affectés par des conflits. Cette situation pourrait encore se détériorer avec la réduction de l’aide publique au développement destinée aux interventions d’urgence.

Par ailleurs, la croissance du revenu par habitant ne devrait atteindre en moyenne que 1,8 % sur la période 2025-2027, limitant ainsi la baisse du taux de pauvreté. Après un pic à 43,9 % en 2025, la proportion de personnes vivant avec moins de 2,15 dollars par jour (en parité de pouvoir d’achat de 2017) devrait reculer légèrement pour s’établir à 43,2 % en 2027. L’insuffisance des investissements dans les secteurs générateurs de revenus pour les populations pauvres, les effets persistants de l’inflation passée et la probable diminution de l’aide des bailleurs de fonds continueront de freiner la réduction de la pauvreté.

Malgré ces défis, d’ici à 2050, près de 740 millions de personnes viendront grossir les rangs de la population en âge de travailler, soit la progression la plus rapide au monde. Au cours des trente prochaines années, jusqu’à 12 millions de jeunes entreront chaque année sur le marché du travail, alors que la région ne crée actuellement qu’environ 3 millions d’emplois salariés par an.

Par Goodluck NAKICEL

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