Tchad : le ministère de l’Eau clarifie les chiffres d’accès à l’eau potable face aux incompréhensions

Le secrétaire général du ministère de l’Eau et de l’Énergie, Nour Saleh Haggar, a animé, ce samedi 28 mars 2026 à Farcha, un point de presse relatif aux statistiques d’accès à l’eau potable au Tchad, estimé à 63,5 %, et au taux d’assainissement, qui s’élève à 23 %, incompris par la population et qui ont suscité des polémiques.

Il convient de rappeler que lors de la Journée mondiale de l’eau (JME), célébrée le 22 mars 2026, le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Passalé Kanabé Marcellin, avait communiqué ces chiffres concernant l’accès des populations tchadiennes à l’eau potable. Cependant, ces données ont suscité de nombreuses incompréhensions et interprétations divergentes, notamment sur les réseaux sociaux.

Face à cette situation, le ministère a jugé nécessaire d’organiser ce point de presse afin d’apporter des éclaircissements. « Il est de notre responsabilité, en tant qu’institution publique, de garantir à l’opinion nationale une information fiable, vérifiée et fondée sur des données techniques rigoureuses », a déclaré le secrétaire général Nour Saleh Haggar.

Selon lui, « le taux national d’accès à l’eau potable au Tchad est actuellement de 63,5 %, tandis que celui de l’accès à l’assainissement de base est de 23 % ».

Il a précisé que ces données datent de 2023, en attendant une mise à jour qui devrait, sans nul doute, faire apparaître une progression, au regard des efforts importants consentis et des réalisations enregistrées ces deux dernières années.

Toutefois, ces statistiques, bien qu’établies province par province, masquent d’importantes disparités. « Ces données, bien qu’établies province par province, dissimulent des disparités importantes, aussi bien dans la répartition des types d’infrastructures que dans les niveaux d’accès selon les provinces. Cette situation est caractérisée d’une part par des inégalités géographiques dues aux conditions hydrogéologiques défavorables, d’autre part à la faiblesse des investissements et de la planification, et parfois par le cumul de ces deux facteurs structurels ».

Le ministère rappelle également que depuis les années 2000, le Tchad a enregistré une progression continue en matière d’accès à l’eau potable. Entre 2000 et 2015, ce taux est passé de 21 % à 53 %, tandis que celui de l’assainissement est passé de 3 % à 16 %, restant toutefois en deçà des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), fixés respectivement à 60 % et 35 %.

Et sur la période 2015-2020, les enquêtes sectorielles menées dans le cadre de l’élaboration des Plans d’Investissement Régionaux, avec l’appui de l’Union européenne, ont permis d’estimer le taux d’accès à l’eau potable à 61,78 %. Grâce aux investissements réalisés entre 2020 et 2023 par l’État et ses partenaires, ce taux a atteint 63,5 %.

Par ailleurs, le ministère insiste sur une confusion fréquente entre le taux d’accès et le taux de couverture. Il souligne la nécessité de « distinguer clairement entre le taux d’accès à l’eau potable et le taux de couverture ». Le premier mesure « la proportion réelle de la population qui utilise des infrastructures fonctionnelles et qui bénéficie effectivement de l’eau potable qui peut être produite par des pompes à motricité humaine, des châteaux d’eau, des stations pastorales solaires, qu’elles soient privées ou publiques ». Le second, en revanche, renvoie à la présence théorique d’infrastructures dans une zone donnée, sans garantir leur fonctionnalité ni leur utilisation effective.

Enfin, le département de l’Eau précise que « aussi, beaucoup confondent le taux d’accès à l’eau potable aux zones de couverture par la Société tchadienne des Eaux (STE) qui ne couvre que 35 centres en milieu urbain ».

Par ILLETEGUI SAMGUE Thomas

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