« Les ennemis de la jeunesse sont connus  » Naïr Abakar

Nommé le 1ᵉʳ avril ministre de la Jeunesse et des Sports, Naïr Abakar a pris officiellement ses fonctions ce mardi 7 avril 2026 sur fond d’un discours d’entrée ferme, très résonnant mais aussi ambitieux. Si son franc-parler a ressemblé quelque peu à un épuisement prématuré de munitions avant le commencement de la guerre – oui, la guerre, il y en a au ministère –, qu’on ne se trompe pas. Le parcours de ce jeune pétri de talents lui confère le gabarit nécessaire pour relever les nombreux défis d’un secteur miné par la corruption, le manque d’initiatives et les mauvais comportements.

On l’attendait justement sur ce terrain : le beau discours puisque Naïr Abakar a les verbes faciles et il titube. « Je ne suis pas venu réciter des formules apprises par cœur », a-t-il affirmé devant un parterre de jeunes venus nombreux pour lui manifester leur aimable soutien. Comme quoi le Maréchal Mahamat Idriss Deby Itno semble avoir misé sur un bon cheval. Plus encore, il a déclaré que « les ennemis de la jeunesse tchadienne et du sport tchadien sont connus et que leur temps est terminé ». Un ton discursif tout à la fois ferme, qui a suscité autant de critiques. Cependant, les réalités du département de la Jeunesse et des Sports sont telles qu’il est grand temps de rompre avec les pratiques anciennes. Et si le jeune Naïr en a la volonté, il y a de quoi lui dérouler un tapis rouge. Il faut battre le fer quand il est encore chaud.

L’affirmation de son engagement ne sort pas de nulle part. De par son parcours, Naïr Abakar n’est pas un simple aventurier dans le milieu. Il a été vice-président du comité de normalisation du sport et a aussi siégé dans plusieurs instances liées à la jeunesse et au sport. Il faut plutôt voir le verre à moitié plein. Naïr Abakat est un jeune avec une tête bien faite et bien pleine. Pour preuve, il a participé à des compétitions internationales dans le domaine de l’ Ce qui lui a valu des distinctions et des prix. Il est donc un profil crédible, qu’on l’aime ou qu’on le blâme. Il est loin d’être un parvenu et un dindon de la farce. C’est un acteur qui a déjà fait ses preuves.

Le ministère de la Jeunesse et des Sports est l’un des plus fragiles du gouvernement tchadien. Les défis sont nombreux, l’œuvre malhonnête de ces « ennemis de la jeunesse ». Naïr Abakar prend ainsi ses fonctions avec la lourde tâche de redonner confiance à une jeunesse souvent en manque de repères et de relancer un sport tchadien au creux de la vague.

Par son savoir-parler, Naïr Abakar devra se battre pour obtenir le soutien politique des plus hautes autorités de la République afin de lui permettre d’imposer des réformes et de tenir sur la durée. Il ne va pas s’agir d’adopter la posture d’un va-t’en-guerre, mais celle d’un homme conscient des réalités et déterminé à agir. Il faut donc lui accorder le bénéfice du doute.

Son premier baptême de feu sera la grande fête de la jeunesse tchadienne annoncée cette année à Pala, dans la province du Mayo-Kebbi Ouest. Ce rendez-vous sera l’occasion de montrer sa capacité à unir la jeunesse autour d’un projet commun et à donner un nouvel élan au sport tchadien.

La Rédaction

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