Dix jours plus tard, après la libération de son client par grâce présidentielle, l’un des avocats du président du parti Les Transformateurs, le Franco-Comorien, Me Saïd Larifou, s’est confié à la plateforme numérique d’information panafricaine, Décrypter l’Afrique.
L’avocat a reconnu de prime abord que la libération de Succès Masra, après plus d’un an de détention, est le résultat d’un effort collectif, avec une forte implication des forces vives tchadiennes, des organisations religieuses, de la société civile, plutôt qu’une simple manœuvre judiciaire.
Me Saïd Larifou a précisé qu’il s’agit d’une étape graduelle. Bien que la peine de prison soit levée, la condamnation judiciaire demeure. L’amnistie complète réclamée par le collectif d’avocats nécessite une procédure législative distincte. « L’amnistie ne relève pas de la compétence du chef de l’État. Ce sont des attributions qui relèvent du pouvoir législatif », a-t-il déclaré.
L’avocat s’est également prononcé sur la main tendue sollicitée inversement par son client Succès Masra, qui a exprimé à cor et à cri sa volonté de participer à un gouvernement d’union nationale. Me Saïb justifie ce choix comme une approche pragmatique qui vise.
Il reconnaît par ailleurs les critiques des militants déboussolés, mais insiste sur la nécessité de privilégier le dialogue pour libérer les énergies et favoriser le développement du pays, loin des logiques de confrontation.
Pour lui, le travail qui reste est celui d’instaurer une culture de la paix et de la tolérance politique, afin que le Tchad puisse relever ses défis socio-économiques à l’horizon 2050.
La rigueur de la charte des partis politiques
Le ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation a rappelé la semaine dernière aux formations politiques la stricte obligation de se conformer à la Charte des partis politiques en vigueur. Il a précisé que la mesure de clémence accordée par le chef de l’État ne constitue pas un pardon légal et n’exonère pas non plus l’individu des incapacités politiques ou civiques découlant de sa condamnation.
La charte des partis politiques fixe les conditions cumulatives obligatoires pour pouvoir diriger un parti politique au Tchad, au rang desquelles figure en priorité la jouissance pleine et entière des droits civiques et politiques.
Par Nathaniel MOUNONE

