Ce samedi 26 septembre 2026, le président national de l’Union des démocrates pour le développement et le progrès (UDP), Max Kemkoye, a animé un point de presse. L’objectif était de dénoncer les agitations autour de sa déchéance de la direction de sa formation politique et d’appeler le président de la République à s’impliquer pour mettre fin aux injustices.
Après un mois et douze jours de silence après sa libération de prison suite à la grâce présidentielle, le président national de l’UDP, Max Kemkoye, est revenu sur les conditions dans lesquelles les leaders de l’ex-coalition du Groupe de concertation des acteurs politiques (GCAP) ont été arrêtés puis graciés.
Le président de l’UDP s’est notamment interrogé : « pourquoi l’on a ameuté plusieurs médias qui hier étaient exclus lors de l’audience de la condamnation pour être témoins à notre libération ». Pour lui, « qui voudrait-on prendre à témoin, sinon, voudrait-on se justifier devant qui et pourquoi en convoquant massivement la presse à notre libération médiatisée ».
Autre point soulevé par Max Kemkoye : le communiqué du vice-Premier ministre Limane Mahamat, qui souligne que les leaders politiques graciés le 14 août dernier ne jouissent pas de leurs droits civiques et politiques. Cette position s’appuie notamment sur l’article 11 de la loi n°032/PR/2019 du 22 juillet portant Charte des partis politiques.
En réaction à ce communiqué, le président de l’UDP a dénoncé cette interprétation. « Nous ne sommes ni poursuivis ni condamnés pour crime. Puisque suivant la décision du Tribunal de Grande Instance de la Chambre spéciale siégeant en matière correctionnelle et de simple police du 1er juin 2026 nous condamnant à huit ans et 500 000 FCFA, celle-ci n’est jamais assortie d’aucune peine accessoire qui, par nature, selon l’Article 17 dudit code sont rattachées aux peines pour crime et s’appliquent de plein droit » a rappelé Max Kemkoye.
Selon lui, « nous disposons pleinement de la capacité de jouissance dont nous sommes titulaires des droits et de la capacité d’exercer dont l’aptitude à exercer pleinement nos droits de présidents des partis politiques ».
Pour Max Kemkoye, le communiqué du vice-Premier ministre ne les concerne pas. Il estime qu’il fait référence aux délits, aux crimes et aux contraventions. Il a souligné que « sont qualifiées de délits, les infractions punies d’une peine privative ou d’une amende, lorsque la peine privative de liberté encourue est supérieure à 25000 Francs. Et, sont qualifiées de crimes, les infractions punies de l’emprisonnement à vie ou d’une peine privative de liberté à temps dont le minimum est supérieur à dix ans ».
Ainsi, ils disposent « pleinement de la capacité de jouissance dont nous sommes titulaires des droits et de la capacité d’exercer dont l’aptitude à exercer pleinement nos droits des présidents des partis politiques » a souligné Max Kemkoye.
Le président de l’UDP estime par ailleurs que si la position du vice-Premier ministre devait conduire à exclure les hommes politiques graciés de la direction et de l’exercice de leurs activités au sein de leurs formations politiques, cela traduirait, selon lui, une volonté du régime de limiter l’espace démocratique en perspective des prochaines échéances électorales. Il s’interroge ainsi : « quelle démocratie pour quelles élections ? ».
Max Kemkoye a dénoncé les conditions de détention des prisonniers ainsi que plusieurs cas qu’il considère comme des injustices. « J’ai laissé derrière moi deux jeunes dont leur condamnation m’afflige intensément… J’ai laissé derrière moi des religieux injustement arrêtés et détenus depuis plus d’un an. J’ai laissé derrière moi des hauts fonctionnaires, arrêtés, accusés et condamnés juste par méchanceté et règlements de comptes pour les uns, et pour d’autres poursuivis dans les procédures, simplement parce que les gens ont confondu la mission de contrôle d’avec celle de vérification. J’ai laissé derrière moi des entrepreneurs à qui l’on a voulu extorquer des millions et qui sont envoyés en prison parce qu’ils ont refusé de céder ».
Face à cette situation, Max Kemkoye s’est directement adressé au président de la République. Il lui demande « au Président de la République de s’impliquer pour faire cesser les injustices, l’utilisation de la justice pour les règlements de comptes et la corruption à la base de l’emprisonnement de plusieurs personnes innocentes actuellement détenues à la maison d’arrêt ».
Par ILLETEGUI SAMGUE Thomas

