Alors que l’Assemblée générale de l’ONU remet au premier plan la revendication historique d’un siège permanent pour l’Afrique, l’activiste Nathalie Yamb balaie cette exigence d’un revers de main. Dans une critique acerbe des dirigeants du continent et du système onusien, elle dénonce une « ambiguïté » géopolitique et plaide pour une refonte radicale du multilatéralisme.
À l’occasion de la 81ᵉ Assemblée générale des Nations unies à New York, quasiment tous les chefs d’État africains et leurs représentants ont saisi l’auguste tribune de l’ONU pour réclamer au moins une place de membre permanent dans cette institution internationale. Une demande fort longtemps formulée par l’Afrique mais sans succès. Sans cette place, les Africains se sentent écartés des prises de décision sur la vie de l’humanité. L’Afrique veut faire entendre également sa voix.
Mais pour l’activiste panafricaniste, Nathalie Yamb, interdite de franchir l’espace de l’Union européenne, solliciter un droit de veto est ambigu. « C’est quel pays africain que vous allez mettre à l’ONU avec un droit de veto pour représenter l’Afrique ? » s’interroge-t-elle. Nathalie Yamb justifie sa position par les comportements inappropriés des chefs d’État africains dans la gouvernance même de leurs propres États. Pour elle, ce n’est ni le Nigéria de Tinubu, ni l’Afrique du Sud de Ramaphosa qui pourrait porter le flambeau de l’Afrique à l’ONU.
Elle remet en cause la souveraineté des États africains devant les grandes puissances qui ont pris en otage l’ONU. « Ce sera un laquais permanent qui donnera son droit de veto aux États-Unis ou à la France », affirme-t-elle.
Nathalie Yamb propose, en lieu et place d’un siège permanent, « l’abolition du statut de membre permanent avec droit de veto. » Il faut, selon elle, le principe de « un pays, une voix » pour faire des Nations unies un véritable outil du multilatéralisme et non celui de pérennisation de la colonisation.
Par Nathaniel MOUNONE

