Le 25 septembre dernier, Paris a accueilli le forum d’affaires Tchad-France. Un rendez-vous de mobilisation des partenaires économiques de l’Europe pas cette fois fructueux comme celui de 2017. Encore un forum de plus, une vitrine de plus.
Plus de deux semaines, il est toujours malaisé de dresser un bilan car la presse, du moins celle dite d’opinion, a été écartée, quoi qu’on tente de justifier. Entre-temps, sur le terrain, aussi bien à N’Djamena que dans l’arrière-pays, la vraie vie, elle, ne change pas. Le panier de la ménagère est toujours aussi lourd, l’eau, l’électricité, les soins, les écoles… tout cela reste un combat de tous les jours. C’est en effet cela le problème avec ces réunions qui se tiennent loin du pays, loin des problèmes posés et à résoudre. Le Tchad n’est pas à son premier exercice. C’est beau sur le papier, mais pour le citoyen lambda, cela sonne creux. On touche aux chiffres, jamais au quotidien.
Si aujourd’hui le forum d’affaires Tchad-France semble accoucher de la souris, c’est en grande partie du fait de l’agenda. Le timing. Comment peut-on réussir un tel pari pendant que toute la planète a un regard tourné vers l’Assemblée générale de l’ONU à New York ? Oui, le calendrier était mal arrêté. Les grands patrons du MEDEF, présentés comme coorganisateurs, étaient retenus de l’autre côté de l’Atlantique. Car les affaires, c’est une question de cardio… Sans oublier la visite du pape à Paris à la même période. Bref, tout le monde était occupé. Ce qui a ressemblé quelque peu à un événement presque en cachette, sans la presse pour poser les vraies questions, sans écho.
La volonté du président de la République, le Maréchal Mahamat Idriss Deby, de relancer l’économie tchadienne est manifeste. Il veut changer la vie des Tchadiens. Il ne lésine sur aucun moyen pour y arriver. C’est périlleux mais pas impossible. Soldat audacieux, il sait faire face aux grands combats. On sent bien la volonté. Le Chef de l’État bouge et frappe à toutes les portes. L’intention y est, oui. Mais voilà…
Ceux qui doivent exécuter derrière, ceux qui gèrent la machine administrative, ne suivent pas. Ils font parfois les choses à leur tête, on ne sait pourquoi. Ils manquent souvent de rigueur. Ils accordent le plus souvent de l’importance aux belles images trompeuses, à la belle presse sans jamais se soucier des problèmes réels des Tchadiens. Ces gens-là n’aident pas le Maréchal. Les belles images ne résoudront jamais la famine à l’horizon. Elles ne construiront pas non plus les écoles en paille.
C’est pourquoi le chef de l’État doit intensifier ses visites inopinées, comme il l’avait réitéré le 10 août, afin de mettre fin à certains désordres qui n’ont que trop duré. Point des faux rapports, les chiffres doivent justifier les actions. Les vernis, c’est terminé. Le Maréchal doit faire un peu de l’Oligui au Gabon : sévir, donner un délai franc pour les chantiers longtemps aux arrêts, etc. Ceci n’est ni une leçon à lui donnée, ni une instrumentalisation contre les administrateurs. C’est plutôt une contribution. Car à quoi bon signer des accords si, au bout du compte, rien ne change dans la poche du Tchadien ?
Il est grand temps de serrer la vis. Parce que la bonne volonté, toute seule, ne nourrit personne.
La Rédaction

