Forum sur la gouvernance de l’internet : le Tchad appelle à une coopération numérique renforcée en Afrique centrale

Le ministre des Télécommunications, de l’Économie numérique et de la Digitalisation, Haliki Choua Mahamat, a officiellement lancé, ce mardi 13 octobre 2026, le Forum sur la Gouvernance de l’Internet en Afrique centrale, édition 2026, placé sous le thème : « Entre intelligence et résilience : unir l’Afrique centrale pour une gouvernance numérique inclusive et souveraine ». Plusieurs acteurs du secteur de l’Internet, venus de différents pays africains, prennent part à ce grand rendez-vous consacré aux enjeux du numérique.

Durant trois jours, les participants échangeront sur les défis qui entravent le développement de l’Internet, ainsi que sur les stratégies et les initiatives visant à promouvoir une utilisation responsable de cet outil incontournable de l’ère numérique.

Lors de la cérémonie d’ouverture, le ministre a d’abord rappelé les obstacles qui freinent la souveraineté numérique dans la sous-région. Parmi ceux-ci figurent le coût élevé de l’accès à Internet pour de nombreux ménages, la couverture insuffisante de certaines localités, les coupures d’énergie, le déficit d’infrastructures et le manque de compétences spécialisées, qui limitent le développement des usages numériques. « A cela s’ajoutent la cybercriminalité, les atteintes aux données personnelles et la circulation des fausses informations » a souligné le ministre.

Abordant la question de la souveraineté numérique, Haliki Choua Mahamat a interpellé les participants sur les choix stratégiques qui s’offrent à l’Afrique centrale : « voulons-nous demeurer des consommateurs de technologies conçues ailleurs, ou voulons-nous aussi former nos talents, développer nos propres solutions et participer à l’élaboration des règles qui organisent le monde numérique ? »

Pour le ministre, l’Afrique centrale dispose des moyens nécessaires pour occuper une place importante dans le domaine du numérique, à condition de renforcer la coopération entre les pays et de concentrer les efforts sur des priorités communes.

Le thème retenu pour cette édition s’inscrit ainsi dans un contexte marqué par une évolution rapide des technologies. À ce sujet, le ministre des Télécommunications, de l’Économie numérique et de la Digitalisation, Haliki Choua Mahamat, a souligné : « les technologies évoluent à une vitesse remarquable, l’intelligence artificielle, les services dématérialisés et les réseaux de nouvelle génération transforment les entreprises, les administrations et les habitudes de nos concitoyens ».

La transformation numérique constitue une priorité pour le Tchad. Elle doit contribuer à améliorer concrètement les conditions de vie des citoyens, à faciliter l’accès aux services publics, à offrir de nouvelles perspectives à la jeunesse et à renforcer la compétitivité de l’économie nationale.

Conscient des attentes et des défis qui restent à relever, le Tchad ambitionne de progresser avec méthode, en associant les opérateurs du secteur, les institutions de formation, les entrepreneurs et les partenaires au développement.

Dans cette perspective, le gouvernement tchadien a invité les participants à réfléchir autour de cinq priorités majeures. La première concerne la connectivité et l’intégration des marchés numériques. Il s’agit notamment de renforcer les interconnexions entre les pays, de valoriser les infrastructures existantes, de développer les points d’échange Internet et d’encourager l’hébergement local des contenus. La deuxième priorité porte sur la cybersécurité et la confiance numérique, dans un contexte marqué par la multiplication des menaces en ligne et les risques liés à la protection des données personnelles.

La troisième concerne les données et l’intelligence artificielle. Selon le ministre, ces technologies peuvent contribuer à améliorer plusieurs secteurs essentiels, notamment la santé, l’éducation, l’agriculture et les services administratifs. La quatrième priorité est axée sur l’inclusion numérique. Le progrès numérique doit bénéficier à toutes les couches de la population, notamment aux femmes, aux jeunes, aux personnes vivant avec un handicap et aux populations rurales.

Enfin, la cinquième priorité vise à renforcer la capacité des pays d’Afrique centrale à défendre des positions communes dans les instances internationales, afin de mieux faire entendre les intérêts de la sous-région dans les débats sur la gouvernance mondiale de l’Internet.

Pour conclure, Haliki Choua Mahamat a exhorté les participants à privilégier des décisions utiles, réalistes et mesurables. Il a proposé que « les conclusions de N’Djaména servent de base à une feuille de route régionale à l’horizon 2030 ». Il a poursuivi que « dans un premier temps, les États et les parties prenantes pourraient identifier les projets prioritaires et les partenaires disponibles. Viendrait ensuite une phase de projets pilotes, notamment sur la cybersécurité, la connectivité, la formation et l’innovation ».

À travers ce forum, le Tchad entend ainsi contribuer au renforcement de la coopération régionale et à l’émergence d’une gouvernance numérique inclusive, résiliente et souveraine en Afrique centrale.

Par ILLETEGUI SAMGUE Thomas

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