Le secrétaire général du ministère de la Femme et de la Protection de la Petite Enfance, Chérif Allatchi Galma, a présidé, ce vendredi 16 octobre 2026 à N’Djaména, en présence du responsable de l’UNICEF, la cérémonie de clôture de la Semaine Nationale de la Fille, célébrée en marque de la Journée Internationale de la Fille, édition 2026, placée sous le thème « Investir dans la fille tchadienne, c’est investir dans l’avenir du Tchad : mettons fin au mariage des enfants et garantissons son droit à l’éducation et à l’autonomisation ».
Dans son allocution de clôture, le représentant de l’UNICEF, Daouda Diop, a indiqué que cette journée de fille, avec le message clé, fort et important, interpelle tout le monde, acteur du changement, de la transformation de l’agenda des filles ici au Tchad. Au nom de l’UNICEF, il z tenu à magnifier le leadership du Gouvernement tchadien et l’engagement de la ministre d’État, Kitoko Ngata Ngoulou en faveur de la promotion de droit des enfants et des jeunes filles et de la femme.
Ensuite, il a rappelé que le thème de cette semaine « Investir dans la fille tchadienne, c’est investir dans l’avenir du Tchad : mettons fin au mariage des enfants et garantissons son droit à l’éducation et à l’autonomisation » invite chacun à faire de sorte qu’aucun enfant ne puisse se marier. Il faut que le Gouvernement lutte durablement contre le mariage des enfants. Car, c’est une atteinte grave au droit de l’enfant et demeure un des principaux défis de protection de l’enfance ici au Tchad.
Plusieurs facteurs sont à évoquer ici dans le cadre du côté de jeunes filles : la pauvreté, les poids culturels, les inégalités de genre, l’abandon scolaire, les grossesse précoces et les crises humanitaires. Ces choses compromettent non seulement à l’éducation mais aussi à la santé, à la protection et aux perspectives d’avenir et des millions de filles dans le monde.
Au Tchad, il y’a plus de 4 femmes sur 5, âgées de 20 à 24 ans qui se sont mariées avant l’âge de 18 ans. Parmi les filles adolescentes de 15 à 19ans, plus d’une fille sur 4 est actuellement mariée. Le Tchad est le deuxième pays au monde avec le plus grand nombre des filles mariées avant l’âge. En 2025, l’UNICEF a recensé 389 cas de mariage d’enfants qui ont été enregistrés et gérés dans un centre social en collaboration avec les centres intégrés de service multi sectoriel.
Pour le secrétaire général, Chérif Allatchi Galma, l’engagement en faveur des droits, de la protection, de l’éducation et de l’autonomisation de la fille ne saurait enfermer dans un calendrier. Durant cette semaine, les participants ont voulu faire de la fille tchadienne non pas une simple bénéficiaire des politiques publiques mais une actrice, une citoyenne en devenir. Ensuite, ils ont voulu créer des espaces où les filles peuvent apprendre, s’exprimer, questionner, proposer, dialoguer avec les décideurs et commencer à prendre toute leur place dans la vie de la Nation. Chérif Allatchi Galma a souligné que c’est une exigence du développement, mais aussi de la gouvernance.
En effet, les données citées dans leur document de référence sont suffisamment éloquentes, selon le MICS6-Tchad de 2019, 60,6% des filles sont mariés avant l’âge de 18 ans, contre 10,8% des garçons. Derrière ces chiffres, il y’a des vies, des rêves interrompus, des parcours scolaires brisés. C’est pourquoi la lutte contre mariage des enfants n’est seulement une question sociale. Elle est également une question de droits humains, de justice, de capital humain, de développement économique et de cohésion nationale.
Selon le secrétaire général, lorsqu’une fille a été retirée prématurément de l’école, ce n’est seulement son avenir qui est fragilisé, c’est aussi celui de sa famille, sa communauté et celui de la Nation. A l’inverse, lorsqu’une fille reste à l’école et acquiert des compétences et développe sa capacité à participer à la vie de sa communauté, c’est toute une société qui progresse.
En plus de l’engagement et de la volonté de l’État tchadien dans la lutte contre le mariage des enfants, Chérif Allatchi Galma a invité les institutions, les partenaires, les ONG à se mobiliser pour cette question cruciale pour la construction de la société. « L’État ne peut pas réagir seul, la protection d’une fille commence dans la famille, sa protection se consolide dans la communauté, son éducation se construit à l’école, son avenir se prépare par la formation et l’accès aux opportunités. Et son autonomisation devient réelle lorsqu’elle dispose des capacités et des espaces nécessaires pour participer aux décisions qui concernent sa vie et son avenir » a souligné le secrétaire général du ministère.
Au terme de cette semaine, quelques engagements simples ont été pris en faveur des filles : maintenir les filles à l’école, mettre fin aux mariages des enfants, protéger les files contre toutes les formes de violence et d’exploitation, investir dans leurs compétences, notamment dans les sciences, les technologies numériques et la formation professionnelle, renforcer leur participation et leur leadership dans la vie sociale et citoyenne.
Par Nang-Sina Antcha Moïse

