VIH/SIDA au Tchad : médias et autorités unissent leurs voix pour surmonter la crise de financement

Le Secrétariat exécutif national du Conseil national de lutte contre le SIDA (SEN-CNLS), en collaboration avec l’ONUSIDA, a organisé ce mardi 16 décembre, au ministère de la Santé publique et de la Prévention, un café de presse avec les médias engagés dans le domaine de la santé. Cette rencontre était placée sous le thème : « Surmonter les perturbations, transformer la riposte au SIDA ». La cérémonie d’ouverture a été présidée par le secrétaire exécutif national du CNLS, Dr Abbas Moustapha.

Organisé dans le cadre de la Journée mondiale de lutte contre le SIDA, ce café de presse vise à renforcer la sensibilisation sur l’impact de la crise de financement international et à promouvoir des solutions inclusives pour maintenir et renforcer la riposte au VIH/SIDA, conformément à l’objectif mondial d’éradiquer le SIDA d’ici 2030.

Dans son allocution d’ouverture, Dr Abbas Moustapha a rappelé que la Journée mondiale de lutte contre le SIDA est un moment de valorisation de l’engagement des acteurs nationaux et de solidarité envers les personnes vivant avec le VIH. Elle permet également de faire le bilan du combat mené, des vies sauvées, des progrès réalisés, tout en attirant l’attention sur les menaces persistantes.

Le secrétaire exécutif national a particulièrement insisté sur l’impact négatif de la réduction des financements internationaux sur la riposte au SIDA. Toutefois, il a souligné la nécessité de renforcer la résilience des pays et des communautés afin de protéger les acquis et de poursuivre les efforts, même en contexte de ressources limitées. « Même sans financement, il faut développer des stratégies pour conserver les acquis et progresser vers l’atteinte des objectifs », a-t-il déclaré.

Évoquant les progrès enregistrés au Tchad, Dr Abbas Moustapha a indiqué qu’en 2005, le pays ne comptait qu’environ 5 000 patients sous traitement antirétroviral. Aujourd’hui, plus de 80 % des personnes vivant avec le VIH sont mises sous traitement. « Environ 82 % des personnes connaissent leur statut sérologique, avec une réduction de plus de 50 % des nouvelles infections et des décès liés au SIDA », a-t-il précisé.

Cependant, selon le rapport présenté, des défis majeurs subsistent, notamment en matière de prévention. La discrimination et la stigmatisation demeurent des obstacles importants à l’accès aux services de prise en charge, a-t-il martelé.

Prenant la parole à l’endroit des journalistes, la directrice pays de l’ONUSIDA, Dr Françoise Ndayishimiye, a rappelé le rôle central des médias en tant que vecteurs d’information, d’éducation et de mobilisation. Leur implication, a-t-elle souligné, permet de repositionner la lutte contre le VIH/SIDA comme une priorité nationale, de sensibiliser les populations et d’interpeller les décideurs.

Elle a invité les professionnels des médias à organiser des débats, à produire régulièrement des contenus sur le VIH/SIDA et à soutenir la prise de décisions éclairées. « Les médias doivent s’engager à relayer les messages clés de la Journée mondiale, mais aussi à maintenir cette dynamique tout au long de l’année », a-t-elle conclu.

Le rapport de l’année 2025 a montré la situation au Tchad. La prévalence est estimée à 0,9 %, c’est-à-dire que, s’il y a 100 Tchadiens au hasard, il y a une personne qui a le VIH/SIDA. 120 000 personnes vivent avec le VIH/SIDA. De celles-là, il y a 69 000 femmes. Il y a aussi 11 000 enfants de 0 à 14 ans. 4300 Tchadiens infectés, 3500 environ de décès liés au VIH/SIDA.

Par ILLETEGUI SAMGUE Thomas

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