Le Burkina Faso a vécu une nuit sous haute tension entre le samedi 3 et le dimanche 4 janvier. Dans plusieurs quartiers stratégiques de Ouagadougou, mais aussi à Bobo-Dioulasso, deuxième ville du pays, des mouvements inhabituels de populations et de forces de sécurité ont été observés. Des associations proches de la Veille citoyenne, connues pour leur soutien au régime militaire, ont appelé les habitants à se rassembler pour contrer ce qu’elles présentaient comme une tentative de coup d’État imminente.
Des témoins évoquent des barrages spontanés, des rassemblements nocturnes et une atmosphère lourde, marquée par la crainte d’affrontements. Plusieurs casernes auraient été placées en état d’alerte maximale, sans communication officielle détaillée de la part des autorités militaires.
Déploiement militaire autour des sites stratégiques
Au petit matin, des habitants de la capitale ont signalé un renforcement visible de la sécurité autour du camp militaire Général Baba-Sy, au sud de Ouagadougou. Véhicules militaires, contrôles accrus et présence de soldats armés ont confirmé que la situation restait sensible. Selon des sources sécuritaires, la vigilance aurait été étendue à d’autres installations clés, dans un contexte où les autorités cherchent à prévenir toute action coordonnée au sein des forces armées.
Des médias favorables au pouvoir en place ont fait état de plusieurs arrestations au sein de l’armée. Certains officiers et soldats seraient soupçonnés d’avoir participé à un projet de déstabilisation des institutions. Dans ces mêmes cercles médiatiques, le nom de l’ancien président de Transition, le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, a été cité comme possible instigateur à distance, depuis son lieu d’exil au Togo.
Ces accusations s’inscrivent dans une série de mises aux arrêts intervenues ces derniers mois, notamment à la fin du mois de septembre, lorsque des militaires avaient déjà été interpellés pour atteinte présumée à la sûreté de l’État. Face à ces rumeurs de coup de force, les soutiens du capitaine Ibrahim Traoré, souvent appelés les « Wayignans », se sont massivement mobilisés.

