L’histoire politique du Tchad est une avalanche de crises et de renversements de pouvoir. Depuis son indépendance, des régimes ont vacillé soit par des formations rebelles, soit par des coups d’État internes. La date du 13 avril reste dans cette trajectoire comme symbolique. Elle rappelle à la fois la mort du premier président, François Ngarta Tombalbaye, en 1975 et la bataille de N’Djamena en 2006.
Le 13 avril 1975, le premier président du Tchad, François Ngarta Tombalbaye, est assassiné à N’Djamena lors d’un coup d’État militaire. 56 ans, et au pouvoir depuis l’indépendance en 1960, le natif de Bessada avait instauré un régime autoritaire marqué par des tensions avec l’armée et la société civile. Son assassinat a mis nettement fin à 15 années de règne. Il a ouvert en revanche une période d’instabilité politique.
Après sa mort – qui fait bouger ́la capitale N’Djamena –, Noël Milarew Odingar avait assuré l’intérim avant que Félix Malloum ne prenne la tête de l’État.
Trente et un ans plus tard, le 13 avril 2006, la capitale tchadienne est de nouveau le théâtre d’un événement déstabilisant et de mémoire chaotique. Des rebelles du Front uni pour le changement (FUC), venus du Soudan, avaient lancé une attaque contre N’Djamena pour tenter de renverser le président Idriss Déby Itno, mort lui aussi en avril 2021. Les combats avaient été d’une violence sauvage et s’étaient déroulés dans plusieurs quartiers de la ville. L’armée tchadienne parvient à repousser l’assaut. Le bilan humain fait état de plusieurs centaines de morts et de blessés.
Ainsi, le 13 avril reste gravé dans la mémoire nationale tchadienne comme une journée de bouleversement sociopolitique. Elle traduit aussi la fragilité des pouvoirs d’antan face aux contestations internes et la résilience des institutions face aux crises.
Ces deux événements, séparés par trois décennies, illustrent fort bien les défis politiques et militaires auxquels le pays a été confronté depuis son indépendance.
Par Nathaniel MOUNONE

