Le désenclavement numérique du Tchad passe à la vitesse supérieure. Une délégation de la Banque Mondiale a entamé ce lundi une mission de travail de cinq jours à N’Djamena (du 1er au 5 juin 2026). Dès l’ouverture des travaux, le Secrétaire d’État aux Télécommunications, Ibangolo Maïna Manga Abel, entouré des hauts cadres de son département, s’est entretenu avec les partenaires internationaux pour dresser le bilan des chantiers en cours et définir les priorités de demain.
Parallèlement aux grandes infrastructures routières portées par le Chef de l’État, le Président Mahamat Idriss Deby Itno, le développement des « routes virtuelles » s’impose désormais comme un levier incontournable de la croissance tchadienne. Le déploiement de la fibre optique et la modernisation des services publics se matérialisent concrètement à travers le Projet d’Appui à la Transformation Numérique du Tchad (PATN), un programme stratégique financé par la Banque Mondiale.
Le défi majeur des zones blanches : 500 localités à connecter
Tout en saluant l’accompagnement financier et technique de l’institution, le Secrétaire d’État a profité de cette audience pour formuler les attentes urgentes du ministère. Le principal défi reste l’équité territoriale : le pays compte encore environ 500 zones blanches, des localités totalement isolées du réseau ou dépourvues de services numériques de base.
Pour y remédier et sécuriser la connectivité du pays, le gouvernement tchadien mise sur deux axes : la diversification des infrastructures via la création de nouveaux corridors numériques vers l’international et l’optimisation du projet PATN pour répondre plus fidèlement aux réalités du terrain.
Cette rencontre de haut niveau a également permis d’introduire officiellement Marc Lixi, nommé nouveau Représentant pays du projet PATN. Il aura pour mission de fluidifier la coordination entre la Banque Mondiale, la direction du projet et les différents ministères sectoriels.
Enfin, l’avenir numérique du Tchad s’écrira aussi au niveau régional. Les discussions ont mis en lumière le Programme Régional d’Intégration Numérique de l’Afrique Centrale (CARDIP). Ce vaste plan d’interconnexion sous-régional verra l’intégration active du Tchad lors de sa deuxième phase de déploiement, ouvrant la voie à une intégration numérique renforcée avec ses voisins.

