Afrique : une personne sur trois n’a pas accès au service d’eau

Le Forum africain de l’eau est ouvert ce 15 juillet à N’Djamena. Placée sous le thème « De la vision à l’action », cette rencontre est coorganisée par le gouvernement du Tchad et le Groupe de la Banque mondiale. Plusieurs chefs d’État africains y prennent part, à savoir Romuald Wadani, président de la République du Bénin, Brice Clotaire Oligui Nguema, président de la République du Gabon, Félix Antoine Tshisekedi, président de la République de la RDC, et Mohamed Ould El Ghazouani, président de la Mauritanie. La cérémonie officielle a été présidée par le président de la République du Tchad, Maréchal Mahamat Idriss Deby Itno.

Dans son mot de bienvenue, le maire de la ville de N’Djaména, Senoussi Hassan Abdoulaye, a affirmé que l’eau est bien plus qu’une richesse naturelle, elle est la condition de la sécurité alimentaire et le socle de la santé publique. Dans une métaphore bien imaginée, il a rappelé le caractère purement neutre de l’eau. Pour lui, cette ressource ne connaît ni les frontières, ni les langues, et encore moins les drapeaux.

Le ministre des Finances, du Budget, de l’Économie, du Plan et de la Coopération internationale, Tahir Halid Nguilin, a, pour sa part, rappelé que l’eau a été le fruit d’un engagement constant du Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno. Pour lui, le gouvernement tchadien, avec l’appui de ses partenaires, a consacré une part importante de son budget à l’eau. Mais le chemin ne doit pas s’arrêter au stade actuel. « Nous devons désormais financer davantage l’eau, mais aussi réformer nos procédures, accélérer l’exécution des projets, renforcer la coordination des acteurs et garantir l’entretien durable des infrastructures », a souhaité Tahir Hamid Nguilin. Il a également mis en exergue l’importance de l’eau située à trois niveaux : assurer la consommation des populations, abreuver un cheptel qui constitue une richesse économique majeure et qui est très important dans les pays du Sahel et au Tchad, et permettre le développement d’une agriculture moins dépendante des aléas climatiques.

Le Tchad et la Banque mondiale ont mis en place un pacte pour l’eau du Tchad. Ce pacte, appelé aussi compact, vise à mobiliser les financements nationaux et internationaux nécessaires en accordant une place prioritaire aux ressources de l’État, afin de porter à l’horizon 2030 le taux d’accès à un service potable de qualité au minimum à 80 %. Ce qui permettra, selon le ministre des Finances, du Budget, de l’Économie, du Plan et de la Coopération internationale, d’étancher durablement la soif des populations, de sécuriser l’abreuvement du bétail et de garantir aux producteurs agricoles un accès plus régulier à l’eau sur l’ensemble du territoire toute l’année.

Pour la directrice générale des coopérations de la Banque mondiale, Anna Bdjerde, l’eau est un critère de puissance économique en Afrique et va de pair avec les atouts vitaux de ce continent. Pour elle, l’eau constitue une solution idoine dans les investissements et la création de l’emploi pour la jeunesse africaine. « Les enfants ont besoin d’eau potable, d’une alimentation saine, de santé, d’éducation et d’un environnement propice afin qu’ils puissent grandir et assurer leur pleine potentialité. L’eau est au centre de toutes ces activités. Et sans eau potable, les enfants sont plus vulnérables aux maladies, à un au ainsi qu’à la malnutrition. Et sans un accès à l’eau potable, les enfants ne peuvent pas être en santé, en mesure d’apprendre et y contribuer de manière beaucoup plus efficace à l’avancement de la société. » a -t-elle déclaré.

En Afrique, une personne sur trois n’a toujours pas accès au service d’eau. Dans les zones rurales, ce chiffre passe à deux sur trois. Ce tableau peu reluisant entraîne de nombreuses maladies et de nombreuses pertes d’emplois. Pour Anne, ce qui manque le plus à l’Afrique n’est pas l’eau, mais les systèmes qui permettront de transformer l’eau en emploi, en sécurité alimentaire, en résilience. « Lorsque l’eau ne fonctionne pas, l’économie ne va pas marcher, l’agriculture ne va pas avoir de la productivité, les activités de commerce ne vont pas s’étendre et les entrepreneurs ne pourront pas créer les emplois à la mesure dont le continent en a besoin. » a-t-elle affirmé.

Par Nathaniel MOUNONE

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