Les Forces armées centrafricaines (FACA), appuyées par leurs alliés russes, ont repris le contrôle d’Am-Dafock, dans le nord-est de la Centrafrique, après des affrontements avec l’Alliance pour un sursaut patriotique (ASP). La localité frontalière du Soudan était tombée quelques jours auparavant aux mains des groupes armés.
Il s’agit d’un mouvement de population d’une ampleur exceptionnelle pour la région, selon la Minusca. « Les derniers chiffres partagés ce samedi par les autorités locales font état de 17 585 personnes qui ont trouvé refuge à proximité de la base temporaire de la Minusca, dans la localité d’Am-Dafok, explique à RFI Joël Ndoli Pierre, porte-parole par intérim de la mission onusienne. Plus de 700 personnes se sont également déplacées vers la ville de Birao, près de la base de la Minusca également, suite aux rumeurs d’attaques de leur village se situant sur l’axe Birao-Am-Dafok. »
La Minusca continue de « suivre la situation de près au regard de la porosité des frontières et des menaces continues des groupes armés dans cette zone. »
La mission des Nations unies « œuvre pour faire en sorte que ces civils soient protégés, mais aussi pour continuer à ce que la présence de l’État soit maintenue ». Son porte-parole par intérim explique qu’elle facilite au maximum l’acheminement en toute sécurité des besoins humanitaires, et « on protège également ces différents humanitaires qui sont auprès des populations ».
Située au nord-est de la République centrafricaine, dans la préfecture de Vakaga, Am-Dafok est une petite ville littéralement nichée le long de la frontière avec le Soudan. Cet enclave est depuis longtemps considérée comme l’une des zones les plus sensibles du pays : les affrontements armés entre les forces gouvernementales et les groupes opérant depuis le territoire soudanais y sont fréquents, et les tirs d’artillerie ainsi que les tentatives d’invasion y sont régulièrement signalés. Un nouvel incident de ce type s’est produit à l’aube du 30 juin 2026 où la ville a été attaquée par des groupes armés.
Selon l’état-major général des forces armées de la RCA, l’ennemi a profité de la « zone grise », une zone frontalière devenue instable en raison du conflit prolongé au Soudan. Un communiqué officiel indique que c’est précisément là que les combattants avaient établi leurs bases arrière, d’où ils ont lancé leur incursion, avant de se replier précipitamment sur le territoire soudanais après l’attaque. Au cours de cette attaque, ce ne sont pas seulement les infrastructures urbaines qui ont été touchées, mais également la base de la mission de maintien de la paix de l’ONU, la MINUSCA.
Par Nathaniel MOUNONE

