Lycée de la Paix et école de Dembé : le ministère de l’Education nationale capitule

C’est un véritable camouflet pour l’éducation. Le lycée de la Paix et l’école communale de Dembé ne vont plus accueillir les élèves pendant la rentrée 2026-2027. Doit-on pleurer ou rire ? Car la raison invoquée par le délégué de l’éducation pour la province de N’Djaména, Bouba Marcel, est que ces établissements seraient « pris en otage » par des commerçants et des « Colombiens ».

Il est vrai, ces écoles sont englouties par des pratiques souvent pas en phase avec l’apprentissage. Mais franchement, une question taraude l’esprit : pourquoi l’État baisse les bras face à des étals de marché et des petits brigands ?

La force légitime reste à la loi. Et le ministère de l’Éducation nationale a le droit de l’exercer sur ces occupants anarchiques qui perturbent les activités pédagogiques. Au même titre que le gouvernement qui chasse les occupants des espaces réservés à l’État. C’est un signal désastreux. Hélas, cela revient à dire que la loi du commerce informel est plus forte que la République. Conséquence : les écoles laissent la place aux Colombiens et les élèves en paieront les pots cassés. Au lieu de nettoyer les abords, de rétablir l’ordre et de faire respecter la loi, l’administration du Dr Ahmat Alhabo choisit la facilité : elle déménage les élèves. C’est le monde à l’envers.

Cette « délocalisation » vers le lycée technique commercial et l’école officielle de Moursal, communément appelée école Chign, est un double échec pour la délégation qui n’a visiblement pas du tout pensé aux familles ? Les enfants ne sont pas des marathoniens pour parcourir une distance aussi importante à la recherche du savoir simplement parce que les Colombiens leur ont arraché les écoles. Ceci met à mal la politique du président de la République, le Maréchal Mahamat Idriss Deby Itno, qui consiste à rapprocher davantage les écoles des élèves. Il est tout sauf logique d’éloigner les élèves des lieux d’apprentissage, de les complexifier et de les mettre en péril.

Déplacer une école pour faire de la place aux marchands, ce n’est pas gérer une cité. Non, plutôt c’est abdiquer. Quand le ministère de l’Éducation nationale recule devant le désordre, c’est l’avenir de toute une jeunesse qu’il sacrifie sur l’autel du commerce informel.

Par Nathaniel MOUNONE

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