Face aux défis persistants de l’enseignement supérieur au Tchad, le Dr Allah-Ridy Kone, président du conseil d’administration de l’université Emi-Koussi, est sorti de son silence. À travers une série de propositions concrètes axées sur l’employabilité, la digitalisation, le financement innovant et la décentralisation, il trace une feuille de route audacieuse pour refonder le système universitaire et l’aligner sur les véritables besoins de développement du pays.
« Comment rendre l’enseignement supérieur dynamique au Tchad ? » C’est par cette interrogation que le président du conseil d’administration de l’université Emi-Koussi, Dr Allah-Ridy Kone, sur sa page Facebook, a fait une kyrielle de propositions pour améliorer définitivement le système de l’enseignement supérieur tchadien. Il a d’abord salué la tenue du directoire où « des importantes orientations ont été résolument données. »
Pour lui, l’enseignement supérieur au Tchad s’appesantit sur 3 axes principaux à savoir la qualité de formation, le financement du fonctionnement et l’employabilité des impétrants.
Parmi les 8 leviers qu’a égrenés Dr. Allah-Ridy Kone figure l’adéquation entre les formations des institutions et le marché de l’emploi. Il propose la création des filières professionnelles telles que BTS, DUT en énergies, agroalimentaire, eau, BTP, TIC. À l’image de son institution d’enseignement supérieur, il suggère la création des Conseils d’orientation avec entreprises afin d’impliquer les employeurs dans la définition des programmes.
Le PCA de l’université Emi-Koussi n’a pas perdu de vue l’amélioration de la qualité et la gouvernance du système universitaire tchadien. Ainsi, il émet le vœu de voir créée en urgence l’Agence nationale de l’assurance qualité telle qu’initiée par le gouvernement.
Selon lui, la digitalisation de l’enseignement est une nécessité. Il propose dans ce sens l’inscription en ligne, les cours en ligne, la bibliothèque numérique pour réduire « le ministère et les institutions des paperasses ». Pour ce qui est de la qualité du corps enseignant, Allah-Ridy Kone n’est pas passé par quatre chemins. Pour lui, il faut absolument passer par le CAMES pour être promu, avec primes à la recherche et à la publication.
Le financement de toute la machine de l’enseignement ne saurait reposer sur l’État seul. Dr Allah-Ridy Kone propose à cet effet la mise en place d’un fonds national pour la recherche. Ce qui consistera à prélever 1 % du budget de toutes les entreprises existantes au pays pour financer des projets universitaires. Selon lui, il faut également octroyer des bourses au mérite et accorder des prêts étudiants. L’université Emi-Koussi le fait déjà chaque année en accordant des centaines de bourses aux étudiants.
Le PCA de l’université Emi-Koussi a aussi pointé du doigt la fuite des cerveaux, un phénomène qu’il faut combattre à travers la régularité des salaires et primes de recherche et l’élaboration d’un programme « Retour des Diasporas » qui va consister à faire revenir les docteurs tchadiens de l’étranger avec des contrats de 3 ans.
Il a enfin opté pour le développement de l’enseignement supérieur en dehors de N’Djamena. Pour Dr Allah-Ridy Kone, il est temps de décentraliser les institutions dans les 23 provinces à l’effet de désengorger et former les cadres locaux pour le développement régional.
“Pour redynamiser l’enseignement supérieur, il faut former certes, mais surtout former ceux dont le Tchad a besoin en eau, agriculture, élevage, santé, énergie, numérique. Pour ce faire, que l’État offre 15 % de son budget à l’éducation, le Tchad va rayonner en Afrique. » a conclu le Dr Allah-Ridy Kone.
Par Nathaniel MOUNONE

