La politique de l’éducation d’un élève à livre est loin de se réaliser dans nos écoles. Après un tour dans quelques écoles de la capitale N’Djamena, on constate que les livres sont devenus une denrée rare.
L’école tchadienne est loin de retrouver ses lettres de noblesse. Comment peut-on fréquenter sans les livres ? Les élèves étudient comme ils étaient au Moyen Âge. Les manuels scolaires que le Centre national Curricula imprime en quantité énorme se retrouvent en grande quantité sur les marchés.
« On ne sait pas par quelle alchimie les livres se trouvent au marché », a déploré le chef de département du livre d’impression et de publication NGARADOUM Fabien. Certains responsables sacrifient l’avenir des enfants pour les besoins personnels égoïstes.
D’après nos renseignements auprès des commerçants, ils confirment que ce sont les responsables de l’école qui leur vendent ces livres. « Une fois qu’on leur donne les livres pour les élèves, ils nous appellent pour nous proposer un marché », a confirmé un commerçant au marché de Dembé.
Les responsables des écoles accusent indirectement les inspecteurs qui sont au centre de ces affaires. Finalement, qui vend réellement les manuels scolaires aux commerçants ?
Le 04 septembre 2024, l’ancien ministre de l’Éducation nationale et de la Promotion civique, Mamadou Gana Boukar, lors de la réception de manuels scolaires de calcul et de lecture en français et en arabe, pour les cours préparatoires (CP1 et CP2). Il a donné des instructions aux responsables de son département de prendre toutes les dispositions pour que ces manuels et ces livres scolaires ne se trouvent pas au marché.
Ces manuels scolaires destinés aux élèves sont devenus un fonds de commerce et des vaches à lait pour certains responsables des inspections et les commerçants.
Le ministère chargé de l’Éducation nationale est appelé à faire des suivis réguliers pour se rassurer que les manuels didactiques parviennent dans les établissements.

