L’éternel projet de bitumage de la route Kélo-Pala Léré-frontière du Cameroun de 226 km souffre encore dans les tiroirs pendant que N’Djaména accueille en grande pompe le forum international sur les infrastructures ce 18 février 2025. Lequel projet s’inscrit pourtant en droite ligne des priorités du NEPAD. Il fait partie du réseau structurant prioritaire que le Tchad devrait à tout prix s’engager à aménager pour assurer une couverture et une accessibilité permanente de l’ensemble de son territoire après cinq poses de pierres. Mais une matière manque : la volonté politique des décideurs.
Le développement de cette zone à fortes potentialités agricoles est entravé par les difficultés d’accès lors des saisons pluvieuses pendant lesquelles la région reste pratiquement coupée du reste du pays. Les flux commerciaux sont plutôt développés vers le Cameroun voisin, au plus grand péril de l’économie tchadienne. Le gap de financement recherché est de 62,896 millions d’euros pour réaliser la totalité des travaux de construction et de mise à niveau de la totalité de la route. Sur ce gap, la CEMAC a déjà mobilisé un montant de 47,112 millions d’euros sur les 110,008 millions d’euros du coût total dudit projet.
Ce n’est pas une alchimie. La construction de cet axe pourrait pourtant améliorer les conditions de transport et de circulation des biens et des personnes en tout temps. Elle devrait en outre faciliter l’écoulement des productions agricoles et agropastorales de cette riche zone vers les centres de consommation avec un taux de rentabilité de 12,5 % selon le rapport sur le développement des infrastructures de la CEMAC.
Lors d’une réunion sur les infrastructures, tenue ce 11 décembre 2024 et présidée par le président de la République Mahamat Idriss Deby Itno, l’ancien ministre des Infrastructures, Aziz Mahamat Saleh, a annoncé le démarrage imminent des travaux de bitumage de cet axe. Le directeur général adjoint des infrastructures des transports (DGIT-A), Mahamat Adam Togou, s’est rendu sur le chantier il y a quelques jours afin d’évaluer l’avancement des travaux. Malheureusement, il a constaté un arrêt complet des travaux, malgré les financements débloqués et les injonctions précédentes.
Le gouvernement tchadien doit s’investir inlassablement pour en finir avec ce vieux projet qui commence, recommence, s’arrête et reprend.

