Le président de l’ONG internationale Urgences panafricanistes, le Béninois Kemi Seba, est au Tchad depuis quelques jours. Officiellement, cet inconditionnel du panafricanisme affirme être au pays de Toumaï pour propager ses convictions antineocolonialistes, avec à la clef, la lutte contre le FCFA.
Kemi Seba a animé une giga conférence ce samedi, 03 mai 2025, devant un parterre d’assistants aux profils variables. Nonobstant son appel à une Afrique libre et indépendante, un vœu partagé par tous, des voix se lèvent ici et là pour fustiger son engagement pour la cause des Africains. Pour avoir demandé au président du parti Les Transformateurs, Dr Assyongar Succès Masra, de rompre ses relations avec les États-Unis et » l’oligarchie occidentale », Kemi Seba est taxé, avec beaucoup de prétentions, d’être proche du régime au pouvoir au Tchad.
Dans une interview qu’il a accordée au journal Le Ndjam Post, le président de l’ONG internationale Urgences panafricanistes avait pourtant clarifié qu’il soutient tout chef d’État africain, militaire ou civil, qui amorce une rupture sérieuse avec la puissance occidentale. Il trouve cette aspiration incarnée par les chefs d’États de l’AES qui regroupe le Mali, le Niger et le Burkina Faso. Pour Kemi Seba, le président de la République du Tchad, Maréchal Mahamat Idriss Deby Itno s’inscrit aussi dans cette dynamique après avoir décidé en 2024 de rompre les accords militaires avec la France.
Dans le fond, Kemi Seba n’a pas changé de narratif comme a prétendument affirmé le sénateur Abderaman Koulamallah sur sa page Facebook, son canal de prédilection. Kemi Seba n’a plus une nationalité française, contrairement à ce qu’a écrit le sénateur.
Pour lutter contre le néocolonialisme, chacun doit jouer sa part de fonction. C’est un orchestre dans lequel aucune contribution n’est de trop : activiste, homme politique, artiste, chercheur, etc. Kemi Seba en tire sa part.

