Quand les maires sont inertes, les populations en pâtissent

Le risque d’inondation dans la ville de N’Djaména Le dimanche 2 juin 2025, N’Djaména, la capitale tchadienne, a enregistré sa première pluie. Cette pluie de moindre pluviosité a déjà montré des signes avec des voies difficilement praticables.

Après cette pluie tant attendue du fait de la canicule prolongée, les circulations deviennent quasiment impossibles dans certaines artères de la ville, notamment au quartier Dembé, sur l’axe du rond-point 10 octobre et sur l’axe Mathias Ngarteri . Dans ces axes, les passants en voitures, à motos, à vélo et à pied ont des peines à s’en sortir. D’abord, connu de son mauvais état dégradé depuis des années et abandonné par les autorités locales et étatiques, l’axe de l’échangeur de Dembé au rond-point Dix-Octobre avec la venue des pluies ne pourra plus être praticable cette année quand il y aura de grosses pluviométries, selon les services de météorologie.

Les maires des dix arrondissements de N’Djaména sont remis devant leurs responsabilités face aux sérieux défis, ceux des inondations et de la circulation fluide de leurs populations en saison des pluies. Un exercice périlleux face aux observations rigoureuses des populations potentiellement menacées. Au lieu d’avoir dans leur agenda les principales priorités de prévention, à savoir prévenir les inondations, phénomène récurrent et annuel qui ôte du sommeil aux N’Djaménois, on les a plutôt vus dans les prises des décisions et mesures parfois austères et impopulaires qui nuisent au bien-être même de leurs administrés. Depuis lors, l’on s’interroge sur leur vrai agenda.

Entre-temps, certaines routes, notamment celle allant du rond-point Dix-Octobre vers Dembé, sont quasiment dégradées. Et cela n’est pas nouveau. Chaque année, elle devient impraticable pendant la saison pluvieuse. Elle n’a pas été la priorité de l’administration communale.Le manque de curage des caniveaux est aidant : les inondations n’ont que des beaux jours devant elles. Les mêmes causes produiront les mêmes effets. Les mêmes voies, celles non bitumées, des années dernières n’ont eu aucune amélioration pour pouvoir limiter le risque d’inondation. Alors que les inondations étaient prévisibles selon l’Agence nationale de la météorologie (ANAM).

Après une période d’ardente chaleur, la venue des pluies, attendue comme un moment d’atténuation de cette chaleur, serait comme l’huile sur le feu. N’Djaména semble désormais une ville enclavée pendant la saison des pluies, et plus loin une ville où l’on ne peut plus vivre avec des voies difficilement joignables.

Ces premières pluies sont des signes annonciateurs aux autorités locales, surtout les maires, à pouvoir tendre leurs promesses de faire de N’Djaména une ville où il fait beau vivre à tout moment. En attendant les grosses pluies, ils ont le temps de sauver le bateau qui veut bientôt chavirer. Les maires d’arrondissement ne doivent pas perdre de vue qu’ils ont des comptes à rendre à leurs électeurs.

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