« La décentralisation n’aura de sens que si les écoles sont gérées localement » Ahmat Youssouf Tahir

Dans le secteur de l’éducation nationale, la décentralisation est plus avancée par rapport aux autres secteurs, avec des actions concrètes et ciblées. Le gouvernement, à travers le ministère de l’Éducation nationale et de la Promotion civique, a rapidement identifié des voies propices afin de déclencher des actions concrètes.

Plusieurs opportunités émergent dans ce contexte au lendemain des élections locales et communales. La décentralisation favorise ainsi donc une meilleure adaptation des politiques publiques et des interventions dans le domaine de l’éducation aux réalités locales, spécifiquement identifiables. L’éducation étant un système social, la décentralisation vient dans ce sens renforcer la participation citoyenne.

Depuis 2006, un cadre général de la décentralisation de l’éducation a été fixé par la loi nᵒ 16/PR/2006. Celle-ci attribue un rôle actif aux collectivités territoriales, y compris les communes, dans la gestion du système éducatif. C’est ainsi que, depuis 2014, il a été mis en place des académies, dont l’opération a été effective en 2019. Il en existe huit (8) pour les 23 provinces du Tchad.

Dans sa présentation à l’occasion du séminaire national sur la décentralisation au Tchad, le secrétaire d’État à l’Éducation nationale et à la Promotion civique, Ahmat Youssouf Tahir, a précisé qu’avec la mise en place des académies, les recteurs ont l’habilité de gérer directement les nominations et les affectations à tous les niveaux des établissements scolaires, ainsi que dans les inspections. Pour lui, ces derniers disposent du pouvoir d’améliorer les calendriers scolaires en fonction des facteurs contraignants de nature à perturber ce calendrier.

Le transfert des compétences dans ce secteur est quasi effectif, selon Ahmat Youssouf Tahir. Il manque cependant des ressources afin de pousser cette réforme, notamment en ce qui concerne la construction et la maintenance des infrastructures scolaires.

Le secrétaire d’État à l’Éducation nationale et à la Promotion civique a par ailleurs insisté sur le renforcement des capacités des collectivités territoriales et la clarification des rôles des structures de l’éducation, des collectivités mais aussi de l’État lui-même. Il a également affirmé que « la décentralisation n’aura de sens que lorsque les collèges et les lycées seront gérés par les conseils provinciaux, et les écoles maternelles et primaires par les communes. »

« Une mise en œuvre réussie de la décentralisation dans l’éducation contribuera à avoir un système éducatif performant, équitable, inclusif et adapté aux réalités de nos communautés », a conclu Ahmat Youssouf Tahir.

Par Nathaniel MOUNONE

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