Le Tchad peut-il décoloniser son système éducatif ?

Le ministre de l’Education nationale et de la Promotion civique, Mamadou Gana Boukar, séjourne à Sotchi en Russie, où il prend part au forum Russo-Afrique, ouvert le 09 novembre 2024.

Le forum est axé sur le thème ‘’Réalisation et perspectives concernant le développement de la coopération humanitaire dans le domaine de l’éducation’’, à l’occasion plusieurs pays sont présents.

Dans son intervention, le chef du département de l’Education nationale a déclaré que « ces dernières années, nous avons essayé de nous débarrasser du système éducatif colonial, car le problème de chômage et du manque de compétences professionnelles est aigu. Nous n’avons pas suffisamment de connaissance en sciences naturelles ». 

En affirmant que l’Etat tchadien a essayé de se débarrasser du « système éducatif colonial », le ministre Mamadou Gana Boukar a touché du doigt le véritable problème du système éducatif en Afrique francophone, totalement inadapté aux besoins socioéconomiques des pays. 

Au Tchad, l’éducation demeure non seulement coloniale, mais produit de plus en plus des élèves semi-analphabètes qui n’ont aucun niveau. Les programmes de formation sont complètement déconnectés des réalités, des aspirations et des évolutions du monde. Conséquences de cette inadaptation, l’incompétence professionnelle sur le marché de l’emploi, manque d’emploi pour bon nombre de diplômés, au final aucune performance dans l’administration publique, principal endroit qui donne de l’emploi. 

La réalité actuelle est que le système éducatif est malade. Même si le ministre affirme que le Tchad a essayé de débarrasser l’école tchadienne du système colonial, cet essai n’a pas été suffisant. Au contraire, le système empire dans son profond sommeil. C’est pourquoi, pour sortir l’école de cet état, le ministère de l’Education nationale et de la Promotion civile doit engager des réformes profondes et courageuses en vue de corriger tous les tares que comporte ce système. Cela nécessite un changement des paradigmes. Pour le moment, on est loin du chemin. 

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