Le gouvernement tchadien a annoncé, dans un communiqué du jeudi 28 novembre à l’occasion de la fête de la proclamation de la République du Tchad, la fin de l’accord de coopération militaire avec la France. Cette décision a soulevé tant de polémiques entre les Tchadiens, les Africains et les Français. Nous jetons un regard rétrospectif sur certains journaux qui essaient d’apprécier ce communiqué.
Le journal Libération, s’interroge sur la coïncidence que cette décision a eue avec la visite du chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot au Tchad. En mai dernier, s’étaient ainsi achevées à N’Djamena trois années de transition avec l’élection de Mahamat Idriss Déby Itno, porté au pouvoir par une junte militaire. Ce dernier avait pu compter sur l’appui de l’armée française pour repousser les offensives rebelles, mais rien, rappelle le journal.
Pourquoi le Tchad met-il fin à l’anachronisme de la présence des soldats français dans les anciennes colonies?, s’interroge le quotidien français l’Opinion. Après 66 ans de la proclamation de la république, il est temps pour le Tchad d’affirmer sa souveraineté pleine et entière et de redéfinir ses partenariats stratégiques selon les priorités nationales en mettant fin aux accords de coopération de sécurité et de défense avec la France, rapportant ainsi le communiqué du gouvernement.
« Un camouflet pour la France », titre le journal Le Figaro. L’annonce a surpris tout le monde. Jeudi, au beau milieu de la nuit, les autorités tchadiennes ont annoncé la « décision de mettre fin à l’accord de coopération en matière de défense » signé avec Paris en 1966. Pourtant, la visite de Jean-Noël Barrot au Tchad « semblait s’être déroulée sans incident », estime le journal.
Les raisons qui ont poussé N’Djaména à agir si brusquement restent mystérieuses. Officiellement, il s’agit d’un « tournant historique » et du signe qu’il « est temps pour le Tchad de marquer sa souveraineté pleine et entière ». « Cela ressemble plus à un coup de sang du gouvernement », souligne l’Observateur, même si le 28 novembre est la date de la fête nationale au Tchad. Paris, de son côté, n’avait pas réagi vendredi matin.
Pour le média d’État français, France 24, cela demeure un signe que l’Afrique disparaît progressivement des cartes militaires françaises. Après le Mali, le Burkina Faso et le Niger, d’où elle a été chassée par les juntes militaires qui y avaient pris le pouvoir, la France est désormais priée de retirer ses troupes au Tchad, souvent présenté comme le pilier de sa présence militaire au Sahel, mais aussi au Sénégal, creuse encore plus profond France 24.
Peu avant le Tchad, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye avait annoncé dans une interview au Monde qu’il « n’y aurait bientôt plus de soldats français » dans son pays. Cette prise de position était certes plus attendue, le nouveau pouvoir à Dakar n’ayant jamais caché son peu d’enthousiasme pour la présence de troupes étrangères, mais elle reste une mauvaise nouvelle. France 24 continue en disant que c’est une annonce lourde de conséquences puisqu’elle devrait entraîner le départ des quelque 1 000 soldats français déployés dans le pays. La France perdrait ainsi sa dernière emprise militaire au Sahel après avoir été poussée dehors par les régimes militaires du Mali, du Burkina Faso et du Niger.
Après leur expulsion du Niger, du Burkina Faso et du Mali, les soldats des opérations Barkhane devront désormais chercher de nouveaux points d’ancrage, écrit africanews, rapporté par maliweb.net. Cette rupture, qui remet en question un pilier des relations franco-tchadiennes, soulève des inquiétudes concernant l’avenir des relations entre les deux pays et la sécurité au Tchad et dans la région du Sahel, renchérit tchadinfos.com.

